Le dauphin François de France assassiné à Tournon ?

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Le château - ©Charcutaille / CC-BY-SA Le château - ©Charcutaille / CC-BY-SA
Château de Tournon Château Destin tragique François de France

Verre d'eau mortel

Saviez-vous que le fils de François Ier et de Claude de France, alors en visite à Tournon avec son père à l’été 1536, passe l'arme à gauche au château d'une manière plutôt... étrange ?

Oui, alors qu’il s’est bien défoulé au jeu de paume, et qu’une chaleur terrible écrase le château, il demande un grand verre d’eau bien glacée, le boit d’une traite... et tombe malade ! Et puis, il ne fait pas les choses à moitié, hein : pendant plusieurs jours, François se tord de douleurs dans son lit...

Bon, à l’époque, on accuse souvent l’eau, combinée à une chaleur extrême, de la mort des hommes : tenez, prenez Du Guesclin et sa maudite fontaine, ou Louis X et son verre d'eau mortel à Vincennes en 1316... François meurt au bout de 4 jours d’atroces souffrances, après seulement 17 mois de règne. A seulement 16 ans.

Montecucculi, c'est toi !

Mais les rois ne peuvent pas mourir comme de simples péquins, non... il leur faut du panache, une mort forcément pas banale ! Alors pourquoi pas... un meurtre ? Ah, voilà : on commence à accuser l'homme au service du dauphin, le comte Sébastien Montecucculi, un noble de Ferrare entièrement dévoué à sa personne, de l'avoir empoisonné.

Eh oui : à l’époque, on pense que tous les Italiens sont des empoisonneurs... si, regardez la sale réputation de Catherine de Médicis, à ce sujet... Et puis, n'était-ce pas lui qui avait refilé le verre d'eau au dauphin ? Manque de bol en plus, Montecucculi s’y connaît un peu en médecine, il a même écrit un Traité des poisons...

On le met à la question, après quoi il finit par avouer, avouer que c’est bien lui qui a empoisonné le prince : oui, même que l'assassinat a été commandité par des lieutenants de Charles-Quint, l'ennemi juré du pôpa du dauphin, François Ier ! Le fin mot de l'histoire ? Mort naturelle, sûrement (une pleurésie). N'empêche qu'à l'époque, l'Italien fut accusé et écartelé à Lyon !


Et encore !