L'attaque surprise du château de Fougères par François de Surienne

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Le château - ©Pymouss / CC-BY-SA Le château - ©Pymouss / CC-BY-SA
Château de Fougères Château

Une des tours du château de Fougères, la tour Surienne, évoque un homme, un seul, unique !

François de Surienne, un aventurier responsable du siège le plus célèbre de l’histoire du château, le 23 mars 1449.

Retour sur cet épisode fort !

François de Surienne

Le pro de l'attaque-surprise

Cet homme-là ? Une légende. Rien qu’en murmurant son nom, on tremble !

Cet artilleur de compèt’ a passé 20 ans au service du roi d’Angleterre. Il a assiégé des trentaines de villes avec succès.

Sa technique, qu'il maîtrise à la perfection ? L'attaque surprise des villes à l'échelle !

Des Borgia dans la famille

Neveu par alliance du célèbre routier Perrinet Gressart (l'homme qui a résisté à Jeanne d’Arc à La Charité-sur-Loire), il s'appelle Francisco Soriano, de son vrai nom.

On l'a surnommé l’Aragonnais : un teint mat, des yeux sombres, on le dit parent avec les mythiques et sulfureux Borgia !

La tradition le dit carrément oncle de Rodrigo Borgia, mieux connu sous le nom d'Alexandre VI, le pape de toutes les luxures...

Un routier à la solde des Anglais

Surienne est un aventurier, un « routier », comme on dit alors.

Les routiers, ce sont des mercenaires au XIVe s, qui en période de paix, se retrouvent au chômage.

Pour subsister, ils se regroupent en bandes armées, les « grandes compagnies », pillant et tuant tout ce qui se met sur leur chemin.

Pratique, pour les armées anglaises, qui les soudoyaient et avec qui elles remportaient des batailles décisives.

Surienne, lui, est l’un d’eux : un aventurier à la solde des Anglais !

Le siège de Fougères

A l'origine du siège...

Bon, la France et l’Angleterre ont signé une trêve, en 1445.

Seulement en 1449, la guerre les démange, ça les picote...

Le duc breton, François Ier, sous prétexte que son frère Gilles fricotait avec l’Anglais, le fait enfermer en prison. Les Anglais réclament sa libération. Le duc refuse.

Ah oui ?! Les Anglais décident alors d’assiéger une des places-fortes bretonnes, histoire de faire plier le duc. Ca sera... Fougères !

Fougères plongée dans l'horreur

Les Anglais chargent Surienne de faire une attaque éclair à Fougères.

Surienne sait tout de ce qui se passe à Fougères, ses espions l’informent. Il sait que la garnison est peu nombreuse, au château.

Il va leur mijoter une attaque surprise à l'échelle dont il a le secret... aux petits oignons !

Les hommes de Surienne escaladent les murs en un clin d’œil et surprennent les habitants, en pleine nuit. Ils neutralisent tout le monde.

Au petit matin, ils font rentrer leurs armées qui se répandent dans les rues, les maisons. Scènes d’horreur. Incendies, pillages, tortures, viols.

Dom Morice témoigne dans son Histoire de Bretagne :

« Les soldats de Surienne tuèrent et meurtrirent gens, violèrent les églises, commirent tous sacrilèges, ravirent femmes, prirent prisonniers, pillèrent, boutèrent feu, prirent et appliquèrent à eux tout ce qu'ils purent trouver et firent tous autres maux, crimes et excès, ainsi qu'il est accoutumé de faire en temps de guerre. »

Des tonneaux dans les brèches !

Et voilà... la prise de Fougères par Surienne met fin à 4 ans de trêve et déclenche la dernière partie de la guerre de Cent Ans.

En attendant, le duc de Bretagne François Ier s’allie au roi de France Charles VII afin d'assiéger Surienne, retranché dans le château de Fougères.

Le siège, commencé en septembre 1449, est long et pénible. Jusqu'à ce que l'artillerie parvienne à faire de grosses brèches dans la muraille.

Vous croyez que ça va arrêter Surienne ?! Il rebouche les trous avec des tonneaux et des sacs de sable !

Les troupes du duc s'apprête à saper ça avec des crochets de fer, quand une épidémie décime l'armée bretonne.

Il faut attendre 2 mois pour que Surienne et les siens se rendent, à condition de pouvoir repartir libres.

Conclusion !

François Surienne finit par retourner sa veste, obtient le pardon de Louis XI, devient bailli de Chartres en 1461 avant de s’éteindre paisiblement en 1462, à l'âge de 64 ans… une vie bien remplie !


Et encore !