La place Dauphine et le bûcher des Templiers

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Le bûcher de Molay - ©The British Library / Public domain Le bûcher de Molay - ©The British Library / Public domain
Place Dauphine Rue Quartier Exécution Templier

Une horrible odeur de chair brûlée se répand dans toute l’île de la Cité. Une fumée noire, aussi. Les cris monstrueux des condamnés à mort se sont tus, heureusement. Mais résonnent encore leur malédiction. Terrible... Oui : à l’emplacement du n° 27 de la place Dauphine se trouve le bûcher du grand-maître des Templiers Jacques de Molay, brûlé vif en 1314.

Plus riches que le roi !

Hé voui. Le roi Philippe le Bel avait fait un sacré coup, en arrêtant ces foutus chevaliers du Temple en octobre 1307. Des chevaliers plus riches que lui, plus riches que n’importe qui sur terre... Les Templiers ?

Un ordre religieux fondé en 1119 à Jérusalem par un chevalier de Champagne. Leur rôle : protéger la ville sainte avec son tombeau du Christ, contre les infidèles. Ils sont encore ben pauvre, à l’époque : ils assurent juste l’ordre, si vous voulez.

Mais bientôt, les dons affluent de toute l’Europe, leur pouvoir peut s’étendre, leurs biens s’accroître de partout. Jusqu’à ce qu’on murmure que les Templiers sont en fait de vilains hérétiques qui crachent sur la croix et pratiquent la sodomie.

La malédiction de Molay

Et voilà. En 1307, arrestation de tout l’Ordre. Le grand maître, Jacques de Molay, itou. Condamné à mort. Son bûcher, dressé sur ce qui sera un jour la place Dauphine, l'attend. C'est encore la sauvage île aux Juifs couverte de végétations, à l’époque... Et alors que les flammes le dévorent, Jacques fait entendre sa voix pour la dernière fois.

Un rugissement venu de l'Enfer. Pour lancer une malédiction contre ses juges : le pape, condamné à comparaître devant Dieu dans les 40 jours et le roi Philippe dans l’année… Avant de rajouter : tous maudits jusqu’à la 7e génération… Ben vous savez quoi ?

Le pape meurt en avril 1314, le roi en novembre, à Fontainebleau. Les fistons de Philippe qui lui succèdent disparaissent tous tragiquement sans laisser d’héritiers : la fin des Capétiens, quoi ! Hé oui : tout ça, c’est la base de la célèbre saga des Rois maudits de Maurice Druon. Hé, quoi ? Vous ne l'avez pas encore lu ?


Et encore !