La Médicis à Durtal... et un massacre en préparation

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F. de Scépeaux - ©Daderot / Public domain F. de Scépeaux - ©Daderot / Public domain
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Les agrumes de Durtal

Au XVIe s, voilà François de Scépeaux, comte de Durtal et maréchal de Vieilleville, ambassadeur du roi de France, qui fait ajouter de nouvelles constructions plus « modernes ». Il crée notamment une terrasse composée de 3 grands étages descendant vers le Loir, chaque étage mesurant 110 m de long, 9 m de haut !

Il aménage un potager, également, près de la rivière, planté de lauriers, « peuplé des raretés d'Italie et de forêts d'orangers et de citronniers », d'où le roi approvisionnait « en triomphe ses jardins propres » disent les Annales fléchoises et la vallée du Loir. Un petit air d’Italie, non, avec tous ces agrumes ?

La Médicis à Durtal

C'est à cette époque aussi que François de Scépeaux organise des fêtes somptueuses, lorsque le roi Henri II passe quelques jours à Durtal en 1552, et quand Charles IX s'y arrête un mois en 1571 avec sa mère Catherine de Médicis.

Pendant ce mois, on chasse aux fauves toute la journée (« la forêt de Durtal étant une des plus vives pour le fauve qui soit en France » dit Carloix dans ses Mémoires de la vie du maréchal de Vieilleville) tandis que ces dames discutent du côté des jardins sur le Loir. Justement, toujours tirés des Mémoires de Carloix, voilà un petit aperçu de ces sauteries, comme si on y était :

« De vous dire le traitement que fit M. de Vieilleville à toute la cour serait peine perdue. [...] Pour tenir toute la suite joyeuse et en allégresse, il donna une grande cave où il y avait 6 pipes de vin d'Anjou excellent, de laquelle on puisait le vin à cruches, barils et bouteilles, comme s'il y eut là-dedans une source de cette vineuse liqueur.

Et l'autre cave, où était le vin d'Orléans, de Gascogne blanc et clairet, et tous les autres vins, il y avait 4 sommeliers, qui, suivant leur rôle, portaient à tous repas deux bouteilles de blanc et clairet à chacun de ces messieurs.

Et ce qui rendait la chère très admirable était que si le maître traitait les hommes, Mme de Vieilleville s'était chargée de faire le semblable aux femmes et tenait maison aux princesses, dames d'honneur et aux filles de la Reine, avec telle abondante de vivres et un si bel ordre pour le service, qu'elle en fut merveilleusement louée, et y acquit grand honneur. »
 

Massacre en vue

François, donc, accueille souvent la cour des Valois au château. C’est d’ailleurs pendant une de ces visites, en novembre 1571, qu’il meurt brutalement, après une partie de chasse dans la forêt de Chambiers. La rumeur dit qu’on l’a empoisonné ! Bon Dieu ! Mais pourquoi ça ?

Parait-il qu’il s’était prononcé contre le projet du massacre de la Saint-Barthélemy, lui, le catholique pacifiste. Un massacre qu’on dit fomenté dans le plus grand secret par Charles IX et ses acolytes dans la forêt voisine de Chambiers, justement, à la Table du Roi (nom du carrefour principal de la forêt), pendant un déjeuner de chasse... Dupaz dit :

« Pendant le séjour de sa majesté, le maréchal festoya toute la cour. Mais comme l’envie et l’ambition font leur demeure en la maison des rois, quelques méchants, jaloux du bon visage et de l’amitié que lui portait à bon droit le roi, son maître... le dernier jour de novembre 1571 le firent empoisonner et il mourut en 12 heures. »


Et encore !