La légende du château de Gratot

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Tour de la Fée, à droite - ©Xfigpower / CC-BY-SA Tour de la Fée, à droite - ©Xfigpower / CC-BY-SA
Château de Gratot Château Légende

La légende de la fée de Gratot

Ici, regardez cette tour ! Surnommée tour de la Fée, elle fait référence à une belle jeune femme dont le seigneur d'Argouges tomba fou amoureux.

Une protection invisible

Notre noble sire est à la chasse, quand il tombe sur une vingtaine de jeunes femmes, montées sur des chevaux blancs. Il tombe fou amoureux de celle qui paraissait leur reine.

Il lui demande sa main, sans savoir que la belle était une fée... et qu’elle le protégeait depuis des années, sans qu’il s’en rende compte !

Souviens-toi, sire d'Argouges... Tu avais été protégé des accidents de cheval, des crocs des bêtes sauvages... tu avais remporté des batailles improbables, notamment contre un géant !

Bref. La belle dame accepte. A une seule condition : que personne ne prononça jamais le mot « mort » devant elle. Etrange, mais passons !

Notre sire ne paraît pas dérouté plus que ça, lui ! Le mariage eut lieu.

Le mot interdit !

Le temps passe...

Et comme le seigneur amoureux faisait attention, jamais le mot interdit ne franchit sa bouche.

Mais un jour, un jour maudit d'entre tous, ce qui devait arriver arriva... le mot « mort » s'échappe de la bouche du mari : la belle pousse un hurlement à vous glacer le sang, comme si on venait de la frapper d’un coup de couteau.

Il n'eut pas le temps de lui parler. Elle s'envole de la fenêtre de la tour du château, y laissant à jamais l'empreinte de sa main sur la pierre...

Depuis, toutes les nuits, la légende dit qu’on peut la voit errer dans sa longue robe blanche, en poussant des gémissements où on entend ces mots sinistres, répétés encore et encore : la mort, la mort !

La réalité derrière la légende

L’origine de cette légende viendrait du blason des d’Argouges.

On y voit la Foi représentée sous la forme d'une femme nue, sur un bateau, accompagné du cri de guerre « A la fé », voulant dire « foi » en ancien français... d’où la déformation « à la fée » !

La Normandie, romanesque et merveilleuse (Amélie Bosquet, 1845) raconte aussi que l’histoire du géant battu par le sire d’Argouges se base sur un fait réel !

La victoire remportée sur un Allemand de très grande taille, en 1106, par Robert d’Argouges, pendant le siège de Bayeux...


Et encore !