La Guerre de Cent Ans au château de Larroque-Toirac...

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Le château - ©Erwan Corre / CC-BY-SA Le château - ©Erwan Corre / CC-BY-SA
Château de Larroque-Toirac Château

Hugues de Cardaillac, à l'affût !

Nous voilà revenus en 1342. Bienvenue à Larroque-Toirac et sa région, infestée d’Anglais ! Guerre de Cent Ans oblige, of course.

Les plus petites grottes, fraîches et mystérieuses, qu’offrent les rives paresseuses le long du Lot, leur servent de planques.

Les seigneurs lotois aussi, ont leur cachette, mais dans la gueule parfois imprenable de forteresse aux pierres dorées.

C’est Hugues de Cardaillac, à l’époque, qui vit à Larroque-Toirac.

Mais lui préférait son autre château, Montbrun, à l’ouest de Larroque, d’où il pouvait surveiller toute la vallée.

De sa forteresse, il toisait les bandes anglaises qui ravageaient la campagne et ne descendait de son nid d’aigle que pour en découdre avec l’ennemi !

Yolande fait du boudin

Autant Hugues de Cardaillac brillait à la guerre, autant c'était une bille en amour. Zéro pointé ! Il y avait, dans son couple, de l'eau dans le gaz...

Car pendant que monsieur guettait l'ennemi, sa moitié, Yolande d’Euze, partait régulièrement faire du boudin à Larroque-Toirac, toute seule.

Seule, pas tout à fait... en fait, accompagnée par les hommes d’armes que lui envoyait son mari.

Peu amoureux et lassé par sa tigresse, certes, mais pas suicidaire au point de vouloir qu’il lui arrive quelque chose, en ces temps de guerre !

Attaque par une nuit d'été

Justement… Par une nuit lourde d’été...

Vous savez ? Ces nuits étouffantes où on attend l’orage salvateur et les gouttes d’une averse tiède sur la terre crevassée de chaleur…

Les Anglais de Bertegot Lebret, capitaine des compagnies anglaises, assiègent le château de Larroque-Toirac.

Le galop d’un cheval qui fend l’air humide, des silhouettes furtives se détachant sur la nuit couleur indigo, des épées qui dégainent…

Ils ne font qu’une bouchée des hommes de Cardaillac, et que dire de la pauvre Yolande !

La vengeance du seigneur de Larroque

Ligotée comme un rôti sur la croupe du cheval de Lebret, Yolande est menée au petit matin dans la ville voisine de Cajarc.

Croyant qu'elle a affaire à l’escorte de la dame, la garnison les laisse entrer. Nouveau carnage...

Je vous laisse imaginer la tête d'Hugues, quand il apprend la nouvelle. Tout son corps et son esprit vibrent, criant... VENGEANCE !!

Alors de nuit, par une porte mal fermée, Hugues se glisse dans les ruelles tortueuses de Carjac. Il n’a aucun mal à flanquer l’ennemi dehors, que la petite histoire dit complètement beurré...

Le châtiment de Lebret ? A la hauteur de la fureur du seigneur de Larroque-Toirac ! On lui coupe la langue, avant de le promener nu dans les rues de la cité...

Yolande, elle, rentre à Larroque avec deux fois plus de mercenaires et son mari !

L'histoire ne dit pas si le couple s'est rabiboché...

N.B. : Une histoire vue dans la revue Le Magasin pittoresque (73e année, série 3, tome 6, 1905).


Et encore !