La grotte des Demoiselles : fantômes poilus, fées et terreur dans le noir

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L'intérieur - ©Palickap / CC-BY-SA L'intérieur - ©Palickap / CC-BY-SA
Grotte des Demoiselles Cavité naturelle Exploration Légende

Celui qui voit 36 chandelles

On dit qu'un certain Jean, berger de son état, a découvert le premier la grotte des Demoiselles... par hasard ! Il serait tombé dans la grande salle.

En bas, un peu sonné, il voit des petites étoiles scintillantes devant ses yeux... qu'il prend pour pleins de petites fées ! Et voilà la légende en marche... On appelle ici la grotte « baume », d'où le nom local bauma de las Doumassallas !

Fantômes ou sauvages poilus ?

Comme beaucoup de grotte, celle des Demoiselles est occupée par l'Homme depuis bien longtemps. Elle a toujours servi de refuge contre la rigueur de l'hiver, les bêtes sauvages, les guerres...

Description de La Baume ou Grotte des demoiselles, à Saint-Bauzile, près de Ganges, dans les Cévennes par M. Marsollier Des Vivetières (1785) rapporte qu'une famille trouve refuge ici pendant les guerres de Religion, pour éviter les persécutions et les massacres.

Ils volaient parfois des chèvres et faisaient peur aux gens du coin, la nuit tombée, traînant en haillons, ressemblant à des fantômes !

On dit aussi que bientôt, ils ont été obligés de manger des racines et des petits animaux. Vivant dans l'obscurité, leurs enfants se déplaçaient tous nus à 4 pattes et avaient tout de la bête sauvage !

Marsollier, sacré Indiana Jones !

Une première

Le conseiller à la Cour des comptes de Montpellier, Marsollier, à qui on doit ce récit, vient explorer la grotte pour la première fois en 1780. En juin, d'abord, avec quelques personnes mais sans résultats probants.

Il revient mieux équipé en juillet de la même année. Avec ses compagnons, il arrive enfin jusqu'au fond : il laissera une bouteille scellée contenant le procès-verbal de leur exploration ainsi qu'une plaque de plomb avec leurs noms gravés dessus ! Et quelle expédition...

L'angoisse !

Lors de la première exploration, Marsollier explique qu'à certains endroits, il a manqué de se sentir mal dans l'obscurité, en descendant sur une échelle de corde dans le vide, ce « précipice terrible » ! Il dit là-dessus :

« Le silence profond, le bruit inquiétant de quelques stalactites brisées qui tombaient de la voûte et roulaient de rochers en rochers, tout contribuait à donner à notre voyage un air imposant qui tenait de l'aventure. »

Il raconte comment les deux personnes qui sont passées avant lui ont fatigué l'échelle. Sous leurs poids, les échelons en corde se sont dangereusement étirés ! Son pied cherche donc presque à tâtons le prochain échelon, il s'accroche tant bien que mal et son bras finit par lui faire mal. Alors, il reste :

« suspendu un pied sur un échelon et l'autre en l'air, embrassant l'échelle et ne pouvant plus descendre ni monter. [...] Je restai un quart d'heure dans la perplexité la plus cruelle, apercevant sous moi ses précipices effrayants. »


Et encore !