La galerie Vivienne et l'escalier de Vidocq : 5 anecdotes sur le bagnard devenu super flic

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L'escalier de Vidocq, galerie Vivienne - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA L'escalier de Vidocq, galerie Vivienne - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Galerie Vivienne Rue Quartier

Vidocq, l'ex-bagnard devenu le flic le plus célèbre de tous les temps... a habité galerie Vivienne.

Suivez-nous pour découvrir 5 anecdotes autour de celui qui a inspiré le personnage de Valjean à Hugo !

1 - Ce que cache le n°13 de la galerie Vivienne

Le n° 13 de la galerie Vivienne cache un escalier... C’est là qu’a habité l’extraordinaire Vidocq, vers 1840.

Vidocq ? Eugène-François de son p’tit nom : ex-forçat évadé du bagne, ce colosse au grand cœur, aventurier dans l’âme, devient le flic le plus célèbre de France et le fondateur de la première agence de détectives privés au monde.

La légende dit qu’un souterrain relie la galerie Vivienne aux jardins du Palais-Royal... C’est par là qu’il se fait la malle en cas de danger.

Danger ? Oui ! Vidocq risque sans arrêt des représailles de la part de ses collègues qui haïssent ses petits copains (tous anciens malfrats reconvertis) de toutes leurs tripes.

2 - Vidocq inspire le personnage de Jean Valjean à Victor Hugo, dans Les Misérables

Vidocq, c’est Jean Valjean. Le colosse au cœur gros comme ça, qui a volé une fois dans sa vie. UNE FOIS.

Terrible erreur de jeunesse qui l’envoie au trou. Marqué au fer rouge. Promis, il changera radicalement sa vie...

Eugène-François Vidocq naît à Arras en 1775. Papa est boulanger. Le p’tit Gégène a 16 ans quand il vole ses parents.

Chassé à coups de pieds dans le c**, il file en Belgique. Son rêve ? Partir pour l’Amérique !

Mais il se fait voler « son » argent... et se retrouve chez des forains, obligé de gagner sa vie en soignant la ménagerie. Récurer le derche des chevaux ? Pas pour lui. Sa vie misérable le révolte.

Zou ! Vidocq s’engage dans les armées révolutionnaires, combat à Valmy, puis déserte. Il se fait escroc entre le Nord et Paris.

Jusqu’à ce qu’on l’arrête, pour le condamner en 1796 à 8 ans de bagne pour falsification de papiers... Il s’évade plusieurs fois, se fait reprendre à chaque fois. Jusqu’à la bonne, en 1800.

Enfin libre ! Vidocq a 25 ans. Il a déjà vécu une 1re vie : voleur volé, soldat déserteur, forain...

3 - Après le bagne, Vidocq fait une carrière détonante... chez les flics !

Sorti du bagne de Toulon, Vidocq file à Paris et propose ses services à la police de la Sûreté. L’ancêtre de l’actuelle Direction Régionale de la Police Judiciaire Parisienne, située au mythique 36 quai des Orfèvres.

On l’embauche... comme agent secret ! Hé, en tant qu’ancien bagnard, il peut facilement infiltrer le « milieu ».

Ouah, imaginez : chef de la Sûreté dans le Paris vicié et vicieux du XIXe s !

Voui, sauf que Vidocq est entouré par des collègues venus de la pègre... Leurs méthodes font tache : ils se déguisent, trompent leur monde, achètent les dénonciations.

Les ragots parlent de méthodes brutales et peu légales, qui choquent et provoquent les jalousies des poulets aux méthodes plus catholiques.

Mais lui et son équipe clament haut et fort qu’ils arrêtent 3 fois plus de bandits que les autres ! On finit pourtant par le démettre de ses fonctions. Hop, viré !

4 - Vidocq fonde la première agence de détective privé au monde

1833. Après sa carrière à la Sûreté, Vidocq fonde le « bureau des renseignements dans l’intérêt du commerce » rue Cloche-Perce, Paris 2e.

Moyennant finance, les commerçants disposent d’un service de renseignement économique. Et même... d’infos sur les infidélités de leurs conjoints !

5 - Vidocq popularise l’argot des bas-fonds

Vidocq publie deux bouquins : Les Voleurs et ses Mémoires, qui popularisent l’argot utilisé par la pègre du XIXe s.

Un argot encore utilisé aujourd’hui ! « Daron » pour père, « crocs » pour dents, « être de mèche »...

Ca donne un truc incompréhensible pour les non-initiés ! Siii ! Tenez, voilà un exemple (véridique) tiré de son bouquin Les Voleurs, une déclaration d’amour d’un voleur à sa chérie :

« Depuis le reluit où j’ai gambillé avec tézigue et remouché tes châsses et ta frime d’altèque, le dardant a coqué le rifle dans mon palpitant, qui n’aquige plus que pour tézigue. Je ne roupille que poitou. Je paumerai la sorbonne si ton palpitant ne fade pas les sentiments du mien. Le reluit et la sorgue je ne rembroque que tézigue, et si tu ne me prends à la bonne, tu m’allumeras bientôt caner. »

(« Depuis le jour où j’ai dansé avec toi et vu tes jolis jeux et ta mine piquante, l’amour a mis le feu dans mon cœur, qui ne bat plus que pour toi. Je ne dors plus, enfin, je perdrai la tête si ton cœur ne partage pas les sentiments du mien. Le jour et la nuit je ne vois que toi, et si tu ne m’aimes, tu me verras bientôt mourir. »)

Classe, hein, comme déclaration ?


Et encore !