La Fontenelle et le massacre de Notre-Dame-de-Roscudon

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Le clocher - ©GO69 / CC-BY-SA Le clocher - ©GO69 / CC-BY-SA
Collégiale Notre-Dame-de-Roscudon Collégiale Brigandage Massacre La Fontenelle

Le beau clocher du XVe s a une haute flèche de pierre de près de 67 m qui a servi de modèle à celle de la cathédrale de Quimper ! Mais le clocher de Roscudon reste à tout jamais associé à un terrible drame et à un monstre sanguinaire : La Fontenelle.

Ce brigand qui avait traîné ses bottes un peu partout dans le Finistère à la fin du XVIe s, décide d'attaquer la ville de Pont-Croix.

La Fontenelle attaque

Les habitants ont été prévenus de sa venue ; heureusement ! Inquiets, mal protégés, ils prennent le temps de fortifier la collégiale de Roscudon et y fourrent tous leurs biens. La Fontenelle et ses hommes rappliquent fissa. Les gens se réfugient d'abord dans l'église. Avec eux, il y a leur capitaine, le sieur de La Villerouault et sa jolie moitié, la dame de Kerbullic.

Ils ne craignent rien, du moins, pensent-ils. Car voilà que les brutes de La Fontenelle commencent à attaquer la porte de l'église. « Allez ! Tous en haut du clocher », hurle La Villerouault. De leur poste, ils commencent à balancer tout ce qui leur tombe sous la main sur la tête des ligueurs, en bas.

Peine perdue : La Fontenelle enrage, il bout d’impatience ! Jamais il n'a connu une telle résistance ! Il est bien décidé à la défoncer, cette maudite porte ! Mais le bois ne cède pas. Alors, on décide d'allumer un feu en bas du clocher, histoire d’asphyxier lentement ce petit monde là-haut. La Fontenelle a tout son temps de toute façon...

L'horreur sans nom

La Villerouault et les siens, groggy par les fumées, tentent de résister comme ils peuvent. Mais... c'est... trop dur ! Trop... Allez, du nerf ! On se ressaisit à temps. Nouvel échec pour les Ligueurs. La ruse a échoué, reste le mensonge, la trahison !

La Fontenelle persuade La Villerouault de descendre pour parlementer. Il leur laissera la vie sauve, il en fait le serment, siffle-t-il de sa voix mielleuse. On se concerte là-haut, on cause dur. Que faire ?

Eh bien, vous me croirez ou pas, mais les habitants ont cru la parole d'un gentilhomme. Ils sont descendus. La Fontenelle prend son butin dans l'église et fait prisonnier un bon nombre d'hommes. Comble de l'horreur, il livre à ses brutes la jolie femme de La Villerouault, la faisant se « déshonorer » sous les yeux de son mari...

Pour enfin faire pendre celui-ci après son calvaire. Sauf que l'horreur des événements de Pont-Croix va faire du bruit : attention, La Fontenelle, surveille tes arrières, tu ne tarderas pas à connaître l'enfer sur l'échafaud...

Sinistre présage ?

La légende en rajoute une couche : un fait étrange, nous raconte Baudry dans La Fontenelle, le ligueur et le brigandage en Basse-Bretagne pendant la Ligue, chapitre XVII : peu après que La Fontenelle se soit rendu maître du clocher, toutes les cloches se mettent soudain à sonner ! Toutes seules, sans raison !

La Fontenelle, en bon Breton bigot, se signe, un frisson glacial lui courant le long du dos. « Manquerait plus que je fâche la sainte Vierge, moi ! » se dit-il un peu soucieux. Hop, il déguerpit en moins de deux avec son butin...


Et encore !