L'hôtel de Châteaurenard : trompe-l'oeil et visite royale

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La façade - ©Lsmpascal / CC-BY-SA La façade - ©Lsmpascal / CC-BY-SA
Hôtel de Châteaurenard Hôtel particulier Festivités Louis XIV

L'escalier


Le peintre bruxellois Jean Daret y réalise en 1654 une cage d'escalier de forme carrée, en trompe-l'œil, pour le conseiller au Parlement Jean-François d'Aimar d'Albi, baron de Châteaurenard. Une merveille ! C'est aujourd'hui le bureau d'aide sociale, mais on peut le visiter.

Alors, cet escalier... Le thème majeur du décor sont les arts libéraux, personnifiés par une muse et son génie : la grammaire, la dialectique, la rhétorique, la musique, la peinture, l'arithmétique, l'astronomie, la géométrie. Ainsi, la Peinture peint le blason d'Aimar, la Logique ouvre un cadenas portant les noms d'Aimar et de Daret... Je ne sais pas vous, mais le trompe-l'œil est tellement réussi qu'on a vraiment l'impression que les statues, les décorations sont en relief !

On a envie de les toucher pour vérifier. Regardez ce petit personnage qui émerge de derrière son rideau rouge : en fait, un domestique de l'hôtel, habillé avec les couleurs de la famille d'Aimar ! Il paraît que c'est le portrait craché d'un homme qui a réellement servi le baron... Et là : accrochée à un clou fermement planté dans une des colonnes, une cage avec un perroquet dedans !

On a dans une niche un Hercule revêtu de la peau du lion de Némée, appuyé sur sa massue avec dans une main les pommes des Hespérides. Deux autres niches abritent un empereur romain faisant face au roi Salomon. Sur le plafond, on a l'immortalité de la Vertu, symbolisée par une Pallas ailée flottant dans le ciel. La banderole indique « virtus immortalis ».

Une visite royale


Le baron reçoit Louis XIV dans son hôtel lors de son passage dans la ville en 1660 : un roi Soleil impressionné par ce superbe escalier ! Tellement baba, d'ailleurs, qu'il n'en dit que du bien ! Et toute la ville d'Aix s'arrache Daret après ça...

Joseph Pitton de Tournefort nous donne un aperçu de la visite royale dans son Histoire d'Aix (1666) :
Le roi avait à sa suite la reine mère, le duc d'Anjou son frère unique, le prince de Conti, le prince Eugène comte de Soissons et sa femme, la comtesse palatine de Nevers, le cardinal Mazarin, l'archevêque d’Arles, les évêques de Poitiers, de Valence, de Béziers, de Fréjus, plusieurs abbés, les maréchaux de Gramont, de Villeroy, et autres grands seigneurs et dames qui suivent la cour. La maison du baron de Châteaurenard fut le Louvre. L'archevêché, les appartements de la Reine. Les autres grands logèrent en diverses maisons de la ville.


On raconte même que pour l'occasion, pour que tout ce petit monde puisse communiquer et se voir, on perça des ouvertures dans les maisons ayant des murs mitoyens avec l'hôtel de Châteaurenard !


Et encore !