Jean de Chastellux : variole, esprit des Lumières et censure

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Château de Chastellux Château Epidémie Jean de Chastellux Voltaire

Le copain de Voltaire

Le XVIIIe s est marqué par Jean de Chastellux, grand esprit des Lumières et ami de Voltaire ! Il participe à la guerre d'Indépendance américaine, il sera admis à l'Académie française en 1772...

Variolisation

En plus d'être un super esprit des Lumières, Chastellux n'a peur de rien : saviez-vous que c'est le premier Français à se faire inoculer la variole (la petite vérole comme on l’appelle alors) ? Avec succès !

Au début du XVIIIe s, une Anglaise de la haute, lady Montagu, qui avait vu faire la chose pendant un voyage à Constantinople, fait inoculer son fils de 6 ans. Le roi, sceptique, fait la même chose mais sur des condamnés à mort, pour voir. Comme ils ne meurent pas, la famille royale se fait inoculer elle aussi...

Mais en France comme dans d'autres pays, on ne voit pas cette pratique d'un bon œil, considérée comme criminelle. Pourtant la variole frappait, frappait, faisant des morts encore et encore... L'exemple de Chastellux n'a pas vraiment fait d'émules... Même Voltaire est touché en 1723. Il écrira plus tard :

« Si on avait pratiqué l'inoculation en France, on aurait sauvé la vie à des milliers d'hommes... »

Chastellux, lui, la reçoit en 1755 et s'écrie tout content : « Je suis sauvé, et mon exemple en sauvera bien d'autres » !

Bonheur public, tu parles !

Il écrit De la félicité publique en 1772, qui parle de l'histoire des hommes sur plusieurs siècles. En 1780, il publie Voyages dans l'Amérique septentrionale.

Il rédige aussi un article pour l'Encyclopédie, intitulé Bonheur public. L'abbé Foucher, à la tête de la censure, exclut l'article car il est plein de « philosophie moderne » et que le mot « Dieu » n'y apparaît pas une fois ! Pauvre Jean... Voltaire, peiné pour son ami, écrit :

« Je ne savais pas, monsieur, qu'on imprimât un supplément à la grande Encyclopédie et je vois avec douleur que ce supplément est soumis à la révision de quelques cuistres de la littérature qui ne seraient pas reçus dans les antichambres de la bonne compagnie de Paris. Faut-il qu'il y ait toujours en France un mélange si bizarre de ce qu'il y a de meilleur au monde et de plus méprisable ! »


Et encore !