Hurault de Cheverny, la vengeance sanglante du cocu

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La salle d'armes - ©Pierre-André Leclercq / CC-BY-SA La salle d'armes - ©Pierre-André Leclercq / CC-BY-SA
Château de Cheverny Château Château de la Loire Adultère Homicide

Arme blanche ou poison ?


Les Hurault débarquent à Cheverny à la fin du XIVe s. Et voilà Henri Hurault... Un soir de fête de 1602, le sieur fait l'objet d'une plaisanterie de mauvais goût de la part du roi Henri IV ... celui-ci se met derrière lui, place derrière sa tête ses doigts en corne. Cocu, Hurault ? Oui, et les infidélités de sa femme sont célèbres jusqu'à la cour ! Humilié, le seigneur rejoint aussitôt son château au galop... et y trouve sa femme en galante compagnie.

Ni une ni deux, il tue l'amant et propose à sa femme le choix suivant : soit elle meurt par le fer, soit par le poison. En présence d'un confesseur, la comtesse boit la fiole que lui tend son mari et meurt dans la nuit... Aussitôt, Hurault regagne la fête du roi, comme si de rien n'était... ou presque ! La nouvelle arrive jusqu'aux esgourdes royales : loin d'approuver le geste, Henri IV fait condamner son courtisan à l'exil sur ses terres de Cheverny... Non mais !

Quoi ? Moi, une épouse ?


Et bien, figurez-vous qu'Henri se remarie aussitôt ! Elle s'appelle Marie Gaillard. Une jeune femme belle, fine d'esprit. Lorsqu'Henri se fait rappeler par le roi après 3 ans d'exil, il ne sait pas quoi faire concernant sa moitié. Mais, c'est qu'il serait tout honteux, le Henri ? Honteux de son nouveau mariage, si rapide ? Du coup, pour éviter de mal se faire voir encore une fois, il laisse sa femme à Cheverny, pendant plusieurs années. Marie ne perd pas son temps. Elle va faire construire le nouveau château, avec tout l'argent laissé par Henri...

Mais quel goujat


Puis, un jour, une lettre arrive pour lui annoncer que son mari peut mourir à tout moment d'une vilaine fièvre, à Paris. Elle court à la capitale sans réfléchir, à son chevet. C'est mignon, elle est toute inquiète !

Mais il faut voir comment ce rustre d'Henri la reçoit ! Il l'accueille en lui disant (vu dans Mémoires sur les règnes de Louis XV et Louis XVI et sur la Révolution, tome 1) : « Vous avez bien fait, madame, de prendre le temps de ma faiblesse. Sans cela, je vous aurais tuée, pour oser enfreindre mes ordres. » Guéri, le sieur présente sa nouvelle moitié à la Cour, et les deux peuvent rentrer à Cheverny. Là, Henri découvre le nouveau château, fait terminer les travaux et peut mourir tranquille, à 74 ans...


Et encore !