Hugues de Berzé, poète et croisé

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Château de Berzé-le-Châtel Château Hugues de Berzé Croisades

Vous vous souvenez ? On avait déjà rencontré un poète de langue d’oc, au château d’Hautefort (24) : Bertran de Born. Voilà son pendant bourguignon, un peu moins virulent, peut-être, plus mélancolique...

Son nom ? Hugues de Berzé, chevalier croisé au XIIe siècle qui participe à la 4e et à la 5e croisade... mais il est aussi trouvère à ses heures perdues !

On lui doit la Bible au seigneur de Berzil (Berzé), écrit à Constantinople et qui dénonce les travers religieux et la décadence des hommes de son époque. Oh, oui, Hugues, il n’est « ni clerc ni lettré » mais il a fait la guerre, parcouru le monde, aimé des dames, bref, a bien vécu et s’est forgé une expérience hors pair :

« Cil qui plus voit, plus doit savoir Quiconque a beaucoup vu, Doit avoir beaucoup retenu. »

Ca, c’est lui qui le dit... Il a fait la Croisade, est entré dans Constantinople avec le roi Beaudoin, a vu tous les changements (les 4 empereurs déchus et tués en moins de 2 ans)... et goûté à mille richesses :

« Et quand nous eûmes bientôt mis Sous nos pieds tous nos ennemis, Et nous fûmes de pauvreté Hors, plongés en la richesse, Aux émeraudes, aux rubis, Et aux pourpres et aux samis, Et aux terres et aux jardins, Et aux beaux palais marberins, Alors nous mimes Dieu en oubli. »

Une fois revenu dans son fief bourguignon, Hugues repense à sa vie, où il a fait « mainte oiseuse, mainte folie ». Il compose des chansons d’amour, mais aussi des chants sur les croisades et sur les chevaliers. Des chevaliers loin de l’image irréprochable qu’on leur prête !

Non, des bêtes sauvages dont il dénonce les mœurs dissolues, des bêtes allant jusqu’à rançonner les pauvres ! Il n’épargne personne, et constate les choses bien amèrement : « Li uns de nous sont usurier, Li autre larron ou meurtrier, Li autre sont plain de luxure, Et li autre de démesure. »


Et encore !