Herrade de Landsberg : le Mont et son Hortus deliciarum

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Extrait du Hortus - ©Kent Wang / CC-BY-SA Extrait du Hortus - ©Kent Wang / CC-BY-SA
Mont Sainte-Odile Abbaye Herrade de Landsberg Prémontrés

L'abbaye s'appelle d'abord Hohenbourg : elle connaît une période de prospérité du VIIe au XIIIe s. D'abord, Charlemagne lui reconnaît son indépendance dans une charte datée de 776. Mais pas que !

C'est surtout grâce à l'énergie de deux de ses abbesses, Relinde et Herrade de Landsberg, que le mont ne cesse de s'agrandir : en 1180, on compte tout de même une cinquantaine de chanoinesses et 13 sœurs converses ! Tenez, je vais vous présenter Herrade...

Née au château du Landsberg, c'est une femme de tête, intelligente et cultivée. Elle écrit entre autre le Hortus deliciarum (« Jardin des délices »), mélange de profane et de sacré illustré par ses soins. On conservait le manuscrit de près de 800 pages dans le trésor de la cathédrale de Strasbourg. Malheureusement, tout a été perdu dans l'incendie de 1870...

Ce bouquin, c'est son chef-d’œuvre, un recueil de poésie, de sciences, de jolis dessins. Le Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l'Alsace : depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. (tome 2, F.-E. Sitzmann, 1909) nous dit :

« C'est un recueil encyclopédique de tout savoir licite, destiné aux religieuses de Sainte-Odile, qui devait leur faire connaître le monde réel sans le rendre trop aimable, trop attrayant : qui devait leur ouvrir les espaces du ciel et les profondeurs de l'abîme, sans mêler à ces conceptions mystiques les dangereuses fictions des poètes profanes. »

Un livre curieux qui renferme foultitude de petits dessins, de poèmes rimés en latin, qu'Herrade mettra 25 ans à écrire.

Sous Herrade, l'abbaye connaît un rayonnement culturel sans pareil : les sœurs apprennent à dessiner, enluminer, connaissent tout des sciences comme des arts...


Et encore !