Hélène de Tournon, l'amour jusqu'à la mort

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Ophélie, dans Hamlet - ©Public domain Ophélie, dans Hamlet - ©Public domain
Château de Tournon Château Destin tragique Histoire d’amour Hélène de Tournon

La belle Hélène

On continue avec une histoire pas franchement plus gaie, donc : celle de la fille de Just II de Tournon, la belle Hélène de Tournon.

Oh, elle était amoureuse, Hélène. Folle, mais raide dingue du marquis de Varambon, Philibert. Lui aussi l’aime fort ! Ca se souligne car à l'époque, avec tous ces mariages arrangés, l'amour, le vrai se fait rare. Seulement, la famille de Philibert en avait décidé autrement... il le voulait dans les ordres ! Curé, c'est-y pas possible ?! Et impossible de leur faire changer d’avis. On va même jusqu'à séparer les deux amants.

On prend les eaux

Et la vie d’Hélène reprend son cours... tant bien que mal, à la cour de la reine Margot. Les jours passent, ternes et gris, sans saveurs pour la pauvre Hélène à qui on a arraché la moitié de son cœur.

Mais un jour, un peu de distraction dépoussière le quotidien gris de Tournon : la reine tient à ce qu'Hélène et sa mère l’accompagnent à Spa, pour prendre les eaux pour sa maladie de peau. Un voyage ! De quoi oublier sa peine... On se prépare, on boucle les malles, hop, c'est parti. Direction la Belgique !

Au milieu de la longue route qui les y emmène, les dames s’arrêtent à Namur : il fait frais, pas franchement beau, mais les gens accourent pour apercevoir la reine et ses dames d'atour toutes fardées et pomponnées. C'est là, au milieu de la cohue, qu’Hélène tombe nez à nez... avec Philibert ! Un Philibert qui la snobe ro-ya-le-ment.

Un drame à la Shakespeare

Choquée, tellement triste, Hélène ne comprend pas, se jette aux pieds de son amant, lui crie de la regarder, de lui parler... Elle ne comprend pas, un gros hoquet d'angoisse la saisit tandis qu'elle le regarde partir, sans un seul regard pour elle... Hélène faillit perdre la boule, mais tombe vraiment malade : tant et si bien qu'elle finit par mourir de chagrin au bout d’une semaine.

Mais quel salaud, ce Philibert ! Mais non... on sait bien que le jeune homme avait été obligé de jouer la comédie, bien sûr... Apprenant l’agonie de sa belle, il court à son chevet, mais c’est trop tard... il ne pourra que pleurer sur sa tombe. Malade lui aussi, il réchappe à la mort de justesse : il reste 2 ans dans les ordres avant de les quitter définitivement, pour se marier...

On dit que la fin tragique d’Hélène a inspiré Shakespeare pour son personnage d’Ophélie, dans Hamlet. Ronsard, lui, qui était là au château de Tournon quand la belle a poussé son dernier soupir, écrira plus tard l’Ode à Hélène.


Et encore !