Guéguerre entre Espagnols et Bretons autour des os de Vincent Ferrier

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Reliquaire de Ferrier - ©Ji-Elle / CC-BY-SA Reliquaire de Ferrier - ©Ji-Elle / CC-BY-SA

Vincente la super star

Vincent Ferrier, vous le connaissez, lui ? La vraie star de la cathédrale, pourtant ni breton, ni français ! Un saint espagnol né à Valence vers 1350 sous son vrai nom, Vincente Ferrer. Il pousse son dernier soupir à Vannes, en 1419... Et entre temps ?

Ce dominicain, appelé en France à Avignon pour devenir confesseur du pape, traverse toute l’Europe pour prêcher publiquement, sur son petit âne. Le succès est immédiat... Hop, un beau jour, il se retrouve à Vannes, en 1416. Appelé par le duc de Bretagne Jean V pour raviver la foi des cathos.

On sait comment Vincent faisait des prêches enflammés dans la ville... Il s’y installe et parcourt la Bretagne de long en large. Pour revenir épuisé, pousser son dernier souffle dans la ville. On l’enterre dans la cathédrale Saint-Pierre, le 8 avril 1419. Un tombeau qui va faire des tonnes de miracles, bien sûr !

Tu parles d'un repos éternel !

Le saint se fait canoniser en 1455. Ca veut dire que l’Eglise reconnaît officiellement la sainteté d’une personne. Woah, ça rajoute drôlement à son prestige ! Oui, ça fait aussi qu’en 1590, le roi d’Espagne Philippe II voudrait bien que les reliques reviennent en Espagne...

Il demande au gouverneur de Bretagne de l’époque, le duc de Mercoeur, de faire quelque chose. On est à l’époque des guerres de Religion : les protestants saccagent tout et les Espagnols ont débarqué en renfort des cathos pour protéger Vannes.

Hé, on vous a aidé, dit Philippe, maintenant, filez-nous un bout de notre saint... Mercoeur demande l’avis des chanoines de la cathédrale. Ceux-ci paniquent et écrivent au roi qu’il faut l’autorisation du pape, que ça peut prendre du temps, etc.

Le roi est prêt à patienter, il veut les reliques, na, même un tout petit bout ! Finalement, la réponse arrive : non. Non, on n’a pas le droit de bouger des reliques comme on veut. Alors, la garnison espagnole encore à Vannes tente le tout pour le tout : voler les reliques en entier !

Ils donnent pour ça un petit pestacle de rue devant un peuple baba et pendant ce temps filent dans la cathédrale. Mais les chanoines avertis à temps planquent les os dans la sacristie. Ils les planquent tellement bien qu’ils restent là jusqu’en 1637 ! Date à laquelle on les change de place.


Et encore !