Gaspard de Saulx-Tavannes, construire pour noyer sa peine

Vinaigrette 0
Gaspard - ©Public domain Gaspard - ©Public domain
Château du Pailly Château Destin tragique Gaspard de Saulx Guerre de Religion

Le maréchal inconsolable

Le Pailly, c’est le château du maréchal, pis c’est tout ! Roh, un fier et beau maréchal, hein. Quoi, je m’égare ?! Et qui c’est, le maréchal, d’abord ? Gaspard de Saulx-Tavannes.

Car même si la première mention du Pailly remonte au XIIIe s avec ses seigneurs du même nom, c’est bien Gaspard qui construit le petit joyau Renaissance que nous avons sous les yeux, en 1563. Enfin, « fait construire », grâce à l'architecte Nicolas Ribonnier...

Les terres du Pailly, ses parents (Jean de Saulx et Marguerite de Tavannes) les avaient achetées en 1530. La tradition veut que notre maréchal construise le Pailly pour noyer son chagrin. Pour oublier la mort tragique de son fils aîné à la guerre... Il se jette aussi à corps perdu dans la chasse, s’occupe de ses chevaux et de ses autres enfants.

Gaspard le coriace

Mais vous voulez sûrement savoir qui est ce Saulx-Tavannes, du coup ? On va revenir quelques décennies en arrière. Page de François Ier à la bataille de Pavie en Italie, le jeune gaillard brille par ses exploits guerriers et son grand courage : batailles d'Arlon, de Cerisoles, de Boulogne... on le trouve partout !

Lors d'un tournoi donné à Paris en 1549, on raconte que Gaspard rompt 60 lances par jour sans être blessé, et ce pendant 8 jours ! Coriace, pas vrai ? Pendant les guerres de Religion, Gaspard entame une lutte acharnée contre les protestants.

Sa haine féroce contre les huguenots lui fait même créer la confrérie du Saint-Esprit, pour mieux servir la religion catholique : oh, on murmure qu'il aurait initié le massacre de la Saint-Barthélémy... Si, si, même que le chroniqueur Brantôme dit qu’il aurait crié ce jour-là, en courant les rues :

« Saignez, saignez, les médecins disent que la saignée est aussi bonne en ce mois d’août qu’en mai. »

Bon, ça, ça reste à prouver ! Hein, m’sieur Brantôme ? Après tous ces exploits, la consécration, enfin : Gaspard reçoit le bâton de maréchal des mains du roi en 1570.


Et encore !