François d'O et son château : le mignon et ses tartes au musc

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Le château - ©Elizaveta Butryn / CC-BY-SA Le château - ©Elizaveta Butryn / CC-BY-SA
Château d'O Château Festivités François d’O

Pomponnés !

Woah ! Un vrai petit bijou Renaissance, ce château d'O, vous ne trouvez pas ?... qui porte le nom d'une famille normande trèèès ancienne : les d'O. Sur une forteresse du XIe s bâtie par ses ancêtres, Jean d'O, le chambellan de Charles VIII, reconstruit tout un nouveau châtiau.

Il faut attendre François d'O, qui va l'embellir tout au long du XVIe s. François, c’est LE gus le plus célèbre de sa famille. Très lié à la cour avec le frère du roi, Henri d'Anjou (futur Henri III), d'O fait partie de ses célèbres mignons ! Maquillés, parfumés, pomponnés, ces fins guerriers empruntent aux femmes leurs boucles d'oreilles et leurs éventails. Sans rire !

Ben, imaginez : on raconte qu'on demanda à l'un d'eux, accompagné de sa femme, qui était l'époux ! Le chroniqueur L’Estoile, dans son Journal du règne d'Henri III, rapporte que le mot « mignon » apparaît dès 1576. Il raconte :

« Ils portaient des cheveux frisés et refrisés, remontant par-dessus leurs petits bonnets de velours comme chez les femmes, et leurs fraises de chemise de toiles empesées et longues d'un demi-pied, de façon qu'à voir leur tête dessus leurs fraises, il semblait que ce fut le chef de saint Jean dans un plat. »

Jacques Ier d'Angleterre a aussi les siens : le plus connu reste le comte de Somerset, Robert Carr.

Fêtes et tourtes au musc

Bref ! Revenons à d'O ! Notre homme devient un des seigneurs les plus riches de son époque : surintendant des Finances en 1578, lieutenant général de la Normandie dès 1580... « Cet homme riche de plus de 4 millions, riche de tout l’argent du royaume dont il disposait presque absolument, plus splendide dans ses équipages, ses meubles et sa table que le roi lui-même » écrit Sully dans ses Mémoires.

Oui, L’Estoile rapporte les tourtes qu’il sert aux repas, faites avec du musc et de l’ambre : un luxe qui a son prix... D'O organise des fêtes grandioses dans son beau château normand. Aaaah, les fêtes démesurées de la Renaissance !

A l'époque, la cour s'habille à l'italienne : on se travestit beaucoup, on se parfume, on se pare de bijoux et d'étoffes précieuses... On s'amuse, quoi ! Mais la nouba, ça use, c’est pas François qui dira le contraire : il meurt ruiné en 1594, sans héritier. Sully dit :

« Ses parents, ses domestiques, ses créanciers n’attendirent pas son dernier soupir pour le dépouiller, de sorte qu’il n’y avait plus que les murailles nues dans la chambre où il mourut. »


Et encore !