Et un, et deux... et trois rois (maudits) morts au château de Vincennes

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Mort de Philippe V (Chroniques de St-Denis, 1380) - ©The British Library / Public domain Mort de Philippe V (Chroniques de St-Denis, 1380) - ©The British Library / Public domain
Château de Vincennes Château Philippe V le Long Charles IV le Bel Louis X le Hutin

3 rois de France. 3 rois maudits par un Templier en colère en train de crever sur son bûcher.

Ils meurent au château de Vincennes, entre 1316 et 1328. Un verre trop glacé, un petit coup de froid, une mauvaise fièvre... allez, on voit ça tout de suite !

1316 : le vin glacé du Hutin

Maudits ?

Il a bu un verre de vin glacé. Et il vient de s’effondrer. Vous savez ce qu’il vient de se passer ? Le Hutin, 27 ans, meurt au château de Vincennes le 5 juin 1316, après une partie de jeu de paume intense.

Ca fait 18 mois que le Hutin a succédé à son père, Philippe le Bel. Vous vous souvenez ? Ce dernier meurt à Fontainebleau, en 1314. Le roi victime de la malédiction des Templiers, en 1310... qui dit que le Bel et ses descendants Capétiens crèveront dans un délai très court.

Louis le Hutin, un de ses fistons, lui succède. Mais le Hutin vient de mourir. Petit retour en arrière...

Jeu de paume mortel

Son cœur bat comme un fou. Boum boum boum. Il bat, bat.

Bam, fait la balle qui rebondit.

Ses joues sont rouges, marbrées. Il sent qu’un truc ne va pas. Il le sent. Mais il continue la partie de jeu de paume. Le jeu de paume ? L’ancêtre de tous les sports de raquettes (les rois de France en sont mordus).

BAM. Le coup est violent. Louis se démène, comme si sa vie en dépendait. Chaque coup qu’il renvoie lui arrache un râle d’effort. Il fait très chaud, pour un mois de juin, non ? Etouffant. Soleil implacable.

Louis grogne. Il a encore soif, bien qu’il ait bu un verre de vin glacé dans une petite grotte gelée, au fond du parc du château. Nom de nom, ça ne... va... vraiment... pas... là, ça y est : Louis s’effondre.

Le roi... refroidi

En ce qui concerne la mort des rois de France, on a un expert : Augustin Cabanès et son bouquin Les morts mystérieuses de l’Histoire. Il dit quoi ?

On a longtemps pensé à un empoisonnement, mais le Hutin serait mort d’une « affection aiguë des voies respiratoires », qu’il chope après un « refroidissement ». Une pneumonie, donc, après laquelle il meurt d’une fièvre très violente.

Le Hutin meurt, mais sa femme est enceinte de leur 1er enfant... un garçon, ouf ! Ouais, mais le gosse meurt 4 jours plus tard. Ce sera donc Philippe V le Long qui prendra la couronne. Pas pour longtemps non plus, on va le voir...

1322 : la fièvre de Philippe le Long

Le Hutin mort sans héritier, son 2e frangin déboule : Philippe V le Long. Mais Philippe meurt à son tour le 2 janvier 1322 de dysenterie, doublée d’une « fièvre quarte ».

Quoi ?? Quarte ? Ca veut dire qu’il s’agit d’une fièvre intermittente qui revient tous les 4 jours.

Aucuns de ses médecins n’arrivent à le soulager. Philippe reste même dans un état végétatif pendant 6 mois : il maigrit tellement qu’il devient un vrai squelette !

1328 : la fin de Charles IV le Bel

Charles succède à son frangin Philippe, pendant 5 ans. Mais le jour de Noël, il va se couche, chancelant. Pour ne jamais se relever et mourir au fond de son lit. Oui. Le 1er février 1328, Charles le Bel, 34 ans, meurt au château de Vincennes.

Conclusion : malédiction implacable et 100 ans de guerre

Voilou ! Avec la mort prématurée de Charles IV, la lignée des Capétiens originels (fondée par Hugues Capet en 987) s’éteint.

La malédiction des Templiers rugie par Jacques de Molay du haut de son bûcher, qui condamnait les Capétiens à s’éteindre, avait été implacable...

Le relais passe aux Valois, avec Philippe VI. Et vous savez quoi ? La situation va engendrer le début d’une guerre de plus de 100 ans, entre France et Angleterre... car le p'tit-fils de feu Philippe le Bel, le roi anglais Edouard III, débarque et conteste le trône.

Hé, lui aussi y a des prétentions ! Il est français par sa maman, Isabelle de France... seule survivante des enfants de Philippe le Bel et de la malédiction, d’ailleurs !


Et encore !