Drame terrible à Aix-en-Provence ! Ce qu'a fait Jean-Baptiste de Bruni...

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La façade - ©Dumuids / CC-BY-SA La façade - ©Dumuids / CC-BY-SA
Hôtel d'Isoard de Vauvenargues Hôtel particulier Destin tragique Homicide Jean-Baptiste de Bruni

Aussi connu sous le nom d'hôtel d'Entrecasteaux, il date de 1710. Oh, il paraît tout paisible, comme ça... Mais saviez-vous qu'un terrible fait divers s'est déroulé ici ? Angélique de Castellane, marquise d'Entrecasteaux, est assassinée par son mari le 30 mai 1784.

Le président assassin


L'orage gronde


Une noble et ancienne famille provençale, les Entrecasteaux : notre histoire commence avec Jean-Baptiste de Bruni, marquis d'Entrecasteaux. Président à mortier au Parlement de Provence, le monsieur, à 26 ans, est tout ce qu'il y a de plus respectable. Sa jeune épouse Angélique lui a donné 2 filles, et elle attend un heureux événement. Heureux... pas tout à fait !

Le mariage sent le roussi. Eux qui s'entendaient si bien ! Les reproches, les disputes fusent... l'orage gronde ! Il faut dire que le marquis est tombé fou amoureux de sa jolie voisine, madame de Saint-Simon. C'est décidé, il veut vivre avec elle et pour ça, il faut se débarrasser de sa femme. Plus facile à dire qu'à faire, apparemment.

Le drame


Une fois, la pauvre Angélique fait une étrange chute dans l'escalier de son hôtel aixois : mais comment ces noyaux de cerises ont pu atterrir là ?! Plusieurs autres fois, elle trouve la boisson que lui a servie son mari bien trop amère et la laisse de côté. Et si elle en boit quelques gorgées, elle n'en est quitte que pour de bêtes maux d'estomac !

Excédé par ces tentatives ratées, le marquis prend une décision radicale : il tranche la gorge de sa femme ! Et aussitôt après, le lâche s'enfuit, gagne Gênes puis Lisbonne. Ouf ? Non, car on l'arrête ! Mais, petit problème, le Portugal refuse l'extradition du prisonnier. Voilà autre chose ! Tant pis, Entrecasteaux sera jugé par contumace, condamné au supplice de la roue puis brûlé... à Aix !

Une exécution en effigie


Condamné à Aix ? Mais notre meurtrier croupit dans une prison portugaise, non ? Justement, c'est ce qu'on appelle une exécution « en effigie ». Appliquée depuis le Moyen-Age, elle se fait lorsqu'on ne peut pas exécuter le condamné, soit parce qu'il n'a pas pu être extradé du pays où il s'est enfui, soit parce qu'il est mort.

Une exécution symbolique, quoi! On brûle, on pend l'effigie du coupable, représenté par un mannequin en bois ou en paille. Etrange, oui, je sais ! En attendant, le « vrai » Entrecasteaux meurt dans sa cellule portugaise de faim et de froid, quelque temps après son « exécution »...


Et encore !