D'Albertas, son assassinat... et l'assassin momifié

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La place - ©Lsmpascal / CC-BY-SA La place - ©Lsmpascal / CC-BY-SA
Place d'Albertas Rue Quartier Exécution Homicide Momie

Moche, le badigeon


Devant l'hôtel d'Albertas, voici la place du même nom, aménagée entre 1745 et 1746 par Jean-Baptiste d'Albertas (le fils d'Henri Reynaud d'Albertas, qui a fait construire l'hôtel) sur le modèle des places parisiennes de Vendôme et des Victoires. Il la fait construire sur l'ancien hôtel de la famille Paulhe.

Savez-vous ce qu'on raconte ? Que cette famille, pressée de vendre aux Albertas, recouvre entièrement sa maison d'une épaisse couche de peinture noire. Comme ça, les Albertas se dépêcheront d'acheter cette horrible bicoque pour la faire démolir au plus vite et construire la place ! Parce que du coup, leur propre hôtel donnait sur la façade sombre et ils ne voyaient plus rien d'autre, même plus la lumière du jour !

On a tué d'Albertas !


Martel se monte le bourrichon


Jean-Baptiste d'Albertas connaît une fin tragique : l'affaire se passe le 14 juillet 1790... notre homme organise une fête à Gemenos (13), dans le parc d'une de ses propriétés, pour célébrer la fête de la Fédération... Quand soudain, un individu fond sur lui et l'assassine !

On met rapidement la main sur le monstre, qui n'a pas pu aller bien loin. Son nom ? Anicet Martel. La raison de son geste ? L'accusé déclare avoir « satisfait une haine particulière » qu'il nourrissait depuis bien des années. Allons bon !

Le condamné a filé, le bourreau se planque


Mais tu ne couperas pas à l'échafaud, Martel ! Le 2 août 1790, on le condamne à être roué vif à Aix. On raconte que des amis avaient organisé sa fuite : quand on l'amena à son supplice, les complices de Martel jetèrent des pierres sur les bourreaux, qui, complètement paniqués, s’enfuirent en courant !

Martel pris lui aussi ses jambes à son cou, mais on le rattrape à temps. On retrouva le bourreau caché au fond d'une église. On put alors appliquer la sentence... Mais attendez un peu !

Réincarné en momie maçonnique


L'histoire ne s'arrête pas là : des francs-maçons récupèrent le corps de Martel des années plus tard pour le placer dans leur loge, un encrier à la main, à l'entrée de leur « cabinet de réflexion » ; c'est le lieu où les futurs maçons faisaient leur initiation et rédigeaient leurs « testaments philosophiques ».

Imaginez un peu leurs têtes en découvrant ce drôle d'épouvantail, qui grâce à un système complexe de ressorts, leur tendait l'encrier ! En plus, l'aspect de son visage tout noirci était particulièrement effrayant, racontait-on...


Et encore !