Connaissez-vous Robert Surcouf, le roi des corsaires de Saint-Malo ?

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Statue de Surcouf, Saint-Malo - ©Dennis Jarvis / CC-BY-SA Statue de Surcouf, Saint-Malo - ©Dennis Jarvis / CC-BY-SA
Remparts de Saint-Malo Fortification Statue

Saint-Malo. La plus importante cité corsaire et commerçante de France, pendant le règne du roi Soleil. Des corsaires qui barrent la route à l'ennemi anglais et hollandais. Parmi eux, 2 malouins inoubliables : René Duguay-Trouin au XVIIe s et Robert Surcouf un siècle après.

Les 400 coups du p’tit Surcouf : un môme à la mer !

La rage de Robert

20 décembre 1786. Une tempête. Monstrueuse !! Une poignée de pêcheurs scrute l’horizon. Quand soudain, ils la voient.

Une barque. Avec un gosse dedans. Un gosse !! Recroquevillé, trempé, claquant des dents. Il a 17 ans. Son nom ? Robert Surcouf.

Il a la rage, Robert. Vous voulez savoir pourquoi ?

Et que je te croque un mollet et que je me sauve

Son paternel le destine à la prêtrise et l’envoie au collège de Jésuites, à Dinan. Que nenni pour Robert : le Breton est la tête dure. La discipline ? Très peu pour lui !

Un curé sadique tente de le mater... Robert explose. Il s’enfuit en 1787 après avoir planté ses dents dans le gras du mollet du curé qui tentait de l’en empêcher !

Hop, il saute le mur à l’arrière du collège, et trace à travers champs... Sans vêtements chauds, sans chaussures, il va alors faire un long périple pour rejoindre la mer, dans le froid glacial de décembre.

Zou, il chope une barque et décide de traverser la flotte qui sépare Dinan de Saint-Malo, pour rentrer au bercail.

Mordu par la gueule glaciale de l’eau, perdu dans les ténèbres clapotantes, il manque de crever. Se fait repêcher in extremis par des pêcheurs.

Guéri d’une mauvaise fièvre, le voilà qui s’embarque en tant que matelot... pour le rôle de sa vie !

C'est qui, le roi des corsaires ?

Vous avez dit corsaire ?

Matelot à 13 ans, capitaine corsaire à 22, le Malouin né en 1773 prend très vite la route des mers européennes et indiennes.

Robert Surcouf devient le corsaire le plus populaire de France et de Bretagne, le plus redouté des Anglais : son surnom, c'est le « roi des corsaires » !

Ces corsaires qui ne sont pas des pirates, attention ! La différence ? Ce ne sont pas des hors-la-loi. Ils agissent au nom du roi, uniquement en temps de guerre, « lettres de marque » en main.

Le Triton déconfit

Surcouf se fait un nom grâce à son plus beau fait d’armes, en janvier 1796.

Robert venait de prendre un vaisseau anglais chargé de riz, au beau milieu de l'océan Indien, lorsqu’il aperçoit un énorme bateau (britannique, tout pareil), le Triton, avec 30 canons et 150 hommes à son bord.

Surcouf n’a que 6 canons et 15 hommes... mais il arbore fissa le drapeau anglais, et s’approche lentement sans se faire attaquer. Au dernier moment, il ressort le pavillon français et part à l’abordage. Une lutte sauvage et acharnée commence.

Au bout d’une 1/2 heure, les Anglais se rendent. Surcouf a 23 ans. Sa légende commence...

La pique de Robert Surcouf aux Anglais : et na !

Un officier anglais de la Royal Navy provoque Surcouf en sortant que les Français se battent pour l’argent, alors que les Anglais le font pour l’honneur. Surcouf lui lance : « C’est vrai, monsieur. Chacun se bat pour ce qu’il n’a pas... » Et toc !

Surcouf et sa statue malouine

Comme Duguay-Trouin, Surcouf a sa statue à Saint-Malo sur les remparts, place du Québec. Inaugurée en 1903, on la doit au Nazairien Alfred Caravanniez.


Et encore !