Charles de Lucinge le sanglant

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Le château - ©Thierry de Villepin / CC-BY-SA Le château - ©Thierry de Villepin / CC-BY-SA
Château des Allymes Château Adultère Homicide

Sacrés Lucinge, va

Les Allymes se construit en 1315. Pourquoi à cet endroit en particulier ? A cause de la guerre que se livre la France et la Savoie, ici, à la frontière du Dauphiné, tiens ! Le dauphin de la Tour du Pin fait donc construire un fort pour prévenir toute incursion étrangère.

Conquis par le comte de Savoie Amédée en 1335, les Allymes passe ensuite aux de Lucinge. Entre le fiston, diplomate et humaniste et le paternel, sanguin, on a de quoi faire, avec cette famille !

Charles le sanguin, le paternel

La légende dit qu’un genre de Barbe-Bleue aurait vécu au château... oui, il s’appelle même Charles de Lucinge ! Charles est loin d’être facile. Il se rebelle sans arrêt contre son roi, François Ier, cherche des noises à tout le monde.

C’est qu’il a des problèmes, le sire des Allymes. Des problèmes avec sa moitié, Péronne de Beauvoir. Faut dire qu’il y a des bruits qui courent : et lui n’est pas sourd ! Des vilains bruits disent partout que la dame a beaucoup d’amants, que le mari jaloux a tous fait embrocher par des brigands recrutés par lui et qu’il a même installé dans son château... On dit même qu’on l’a vu tuer un de ses domestiques !

Ca ne va pas, Charles, il faut que tu changes de bonne femme. Chose faite avec un deuxième mariage en 1550, avec Anne de Lyobard : de cette union naîtra René de Lucinge... plus calme que son paternel !

Bobonne et ses amants

Alors comme ça, Charles serait sanguin et porté sur le crime... Toute l’affaire a dû débuter avec ça : un jour qu’il revenait de ville avec des amis (un de ses écuyers et son barbier), l’un d’eux commence à raconter que le barbier est l’amant de Péronne. Même qu’il les avait trouvés « au fait faisant » !

Charles, la mine sombre, interroge le barbier :

« - Alors, tu dis quoi pour ta défense ? »
« - Ben, rien, c’est pas moi. »
Oui, bon, il nie, il nie, mais niera bien qui niera le dernier : il finit par avouer.
« - Ouais, c’est vrai, c’est bien moi l’amant de ta femme ! »

Il a beau s’excuser, mais le mal est fait. Sur quoi le frère de Charles, Philibert, le prend en chasse, bien décidé à le tuer ! Bof, qu’il l’étripe, tiens, pense un Charles tout morose, tout en regagnant les Allymes, « bien fâché du tort qu’on lui récita que sa dite femme lui avait fait. »

Quelques mois après, c’est un copain de Charles qui couche avec Péronne. Oui, Philibert avait zigouillé le barbier, la voie était libre ! Heu, presque. Parce que le copain, il a vu comment le barbier avait fini. Alors, mieux vaut prendre ses précautions, non ? Voulant la belle pour lui tout seul, il empoisonne la volaille que Charles devait manger, un soir, aux Allymes.

Sauf que Charles et son frangin soupçonnaient quelque chose... sur quoi ce dernier alla étrangler le bougre de ses mains. Oh, on couche pas comme ça avec la femme du seigneur des Allymes, non mais ! Après quoi Charles oblige sa femme à écrire un mot comme quoi elle lui cède tout son argent s’il lui arrive quelque chose... et Péronne ne tarde pas à mourir.


Et encore !