Ce que vient faire Louis XIV à Saint-Jean-de-Luz

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La maison - ©Calips / CC-BY-SA La maison - ©Calips / CC-BY-SA
Maison Louis XIV de Saint-Jean-de-Luz Maison Festivités Mariage Louis XIV Marie-Thérèse d'Autriche

Un hôte très particulier !

Des tourelles en ardoises, une jolie façade en pierres blanches... A Bayonne, on la connaît comme le loup blanc, cette maison ! Elle porte le nom de Louis XIV pour avoir eu l'insigne honneur de recevoir le souverain.

Mais on la connaît aussi sous le nom de maison Lohobiague, du nom de l'armateur basque qui la fait construire vers 1643. Mais c'est surtout là qu'est reçu Louis XIV le jour de son mariage, le 9 juin 1660. Il y rencontre non pas l'armateur (décédé à l'époque) mais sa veuve.

On suppose qu'elle a reçu Louis en grande pompe et l'a bichonné comme un coq en pâte : parce qu'après son passage, il lui laisse en souvenir un magnifique service en vermeil et en émail !

Mais revenons à nos moutons : le mariage du roi. Louis était arrivé à Bayonne le 8 mai avec toute la Cour. Il passera une semaine dans la maison de l'armateur : le 26 août, le couple royal fera son entrée à Paris par la place du Trône (actuelle place de la Nation)...

Un mariage royal

Du chic, du glamour

Mais là, nous sommes le 9 juin. Le soleil s'est levé sur le petit port basque depuis un moment déjà. Louis sort de la maison Lohobiague pour rejoindre la maison de l'infante Marie-Thérèse, sa future moitié. Il fait bon. De petits nuages duveteux filent dans un ciel bleu.

Allez, courage, il faut y aller... Une fois sa femme récupérée, Louis et tout un cortège de courtisans se dirigent vers la petite église Saint-Jean-Baptiste. Vous auriez dû voir ça...

On a entièrement tendu la rue qui part de la maison de tapisseries luxueuses, rue elle-même bordée par les gardes suisses et françaises figées au garde-à-vous. En tête de file, Mazarin, fier comme un coq dans ses vêtements chics.

Louis arbore un costume sombre brodé d'or et plein de dentelles. Marie-Thérèse, habillée « à la française », arbore une robe de satin blanche argentée et un lourd manteau de velours violet brodé de fleurs de lis, une couronne sur la tête. Derrière, voilà le frère du roi Monsieur et Anne d'Autriche.

3 heures !!

Je ne vous parle pas de la foule qui suit derrière, une flopée de courtisans pomponnés comme il faut... On aperçoit les maréchaux de Turenne et de Gramont, le duc de Vendôme (fiston d'Henri IV), l'évêque de Fréjus... On n'a jamais vu un tel déploiement de luxe. Surtout dans une petite ville de province, perdue à la frontière avec l'Espagne !

La messe dure 3 heures. 3 loooongues heures ! Mais c'est pas vrai ça, a dû penser la jeune Espagnole qui crève de chaud sous son manteau, agenouillée en attendant de dire « oui » à l'évêque de Bayonne monseigneur Jean d'Olce, sous un dais de velours violet. En attendant de porter la lourde charge de « reine de France », surtout !

Nuit de noce et fiesta

Après ça le couple royal repart : direction la maison de l'Infante. Louis et Marie-Thérèse vont dîner en toute intimité dans la maison Lohobiague : oh, rien qu'une foule épaisse et grouillante de courtisans pour épier le moindre de leur geste !

Une Cour qui les suit jusque dans le lit de noces, où môman Soleil ferme les rideaux après une rapide bénédiction sous le nez de son fiston... Les réjouissances du mariage, somptueuses, auront duré plusieurs jours. L'occasion de déguster les célèbres macarons confectionnés exprès pour l'occasion !

La ville de Bayonne s'est fendue d'un beau cadeau (un carrosse de 50 000 écus, chevaux compris). Même Jean Racine compose un poème pour la reine, la Nymphe de la Seine. Ce qui le fera bien sur entrer dans les petits papiers de la Cour...


Et encore !