Ce que font François Ier, Charles Quint et le pape à Nice

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La croix - ©Jack06140 / CC-BY-SA La croix - ©Jack06140 / CC-BY-SA
Croix de marbre Statue Festivités François Ier Charles Quint

La croix gothique rappelle l'entrevue de François Ier, de Charles Quint et du pape Paul III à Nice.

L'entrevue des trois grands !


Une première arrivée


Les négociations pour la paix sont au point mort entre nos deux rivaux légendaires. Ils se déchirent dans une lutte sanglante : qui sera maître de l'Italie ? Ah mais, personne, à ce train-là ! Les choses s'éternisent un peu trop... Le pape se propose donc de se porter comme médiateur entre les deux hommes. Et la ville de Nice est choisie comme point de rendez-vous.

Charles arrive le premier depuis Gênes, le 9 mai 1538, escorté par une trentaine de bateaux et de 3 000 hommes d'armes. Il s'installe à Villefranche. Le pape arrive à son tour le 17 mai et s'installe au couvent de Sainte-Croix (tout près de l'actuelle croix de marbre) avec une quantité phénoménale de domestiques et de cardinaux ! Le 22 mai, le pape et l'empereur se rencontrent près du château de Nice : Charles enrage, François est en retard ! Aah, patientons un peu...

Le retardataire


Celui-ci débarque finalement à la toute fin du mois de mai : avec lui, la reine Eléonore (la sœur de Charles) et ses 3 enfants... et près de 7 000 hommes d'armes ! Tout ce petit monde s'installe au château de Villeneuve-Loubet. L'historien Pierre Gioffredo décrit la foule immense réunie pour l'occasion ! Imaginez un peu : là, des lanciers ! Ici, des seigneurs, fiers comme des paons !

Oh, là, des soldats, des hallebardiers couverts de cuirasses étincelantes montés sur des chevaux magnifiques... Là ! Vous avez vu, le roi ? Habillé en velours bleu orné de broderies dorées, un chapeau à plume bleu fièrement vissé sur la tête. Son cheval, un demi-sang nerveux, est à l'image de son maître : tout caparaçonné de velours bleu et de plumes ! Une entrée en fanfare, non ?

Guerre ou paix ?


Mais attendez, nous sommes le 18 juin 1538, les négociations peuvent commencer ! Oui, mais alors, sur quoi a-t-elle débouché, cette fameuse paix de Nice ? Hé bien, à l'issu de la rencontre, on arrive à une trêve de 10 ans, qui prévoit que : la France garde ses territoires de la Bresse et du Bugey ainsi qu'une partie du Piémont ; l'Empire germanique contrôle maintenant presque tout le Milanais et le duché de Savoie.

Mais c'est sans compter cette canaille de François Ier, qui brise la trêve au bout de 3 ans, en reprenant les offensives : en 1543, allié avec les Turcs, il mettra le siège sur Nice...

La croix souvenir


La croix en bois primitive a été construite à l'endroit où le pape a posé le pied à terre en arrivant à Nice et où les cloches du couvent de Saint-Dominique se mirent à sonner l’Angélus. Seulement, cette croix a été détruite à la Révolution ! Comme d'habitude, je sais bien... Le monument actuel date de 1810, offert par la comtesse de Villeneuve, née Ségur. Il se compose d'une coupole soutenue par 4 colonnes.

Dessus, une inscription en latin rappelle les noms des consuls qui ont fait élever la croix en 1568 :
SIGNUM HOC CRUCIS DEDICARUNT NOB MELCHIO MALETUS MARIUS BALDOINUS MANUEL GERBONUS JACOBUS CUGIA COSS. E.N.D. NUS. HONORATUS GRIMALDIS RICHIERUS ASSENOR AN. 1568 DIE 4 MARTII E. F.
ce qui signifie :
Cette croix a été dédiée par les nobles seigneurs et consuls Melchio Malet, Marius Baudoin, Emmanuel Gerbon Cuggia ; le sieur Honoré Grimaldi Richier, assesseur ; le 4 mars 1568.


Et encore !