Baptisé à l'ail, Henri le Béarnais pointe le bout de son nez à Pau

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Henri IV - ©the lost gallery / CC-BY Henri IV - ©the lost gallery / CC-BY
Château de Pau Château Henri IV Henri II d’Albret

Brebis à la sauce béarnaise

C’est un père soucieux qui fait les 100 pas au château : Henri d’Albret. Il s’occupe de sa fille enceinte, Jeanne, comme un vrai tyran, depuis des mois...

Mais là, à quelques heures de la délivrance, il bout d’impatience. Il ressasse. Repense à ces maudits Espagnols, railleurs, qui avaient osé dire « la vache a fait une brebis » (rapport au bovidé qui orne le blason de la famille) quand sa femme Catherine avait accouché de Jeanne.

Aaah, ils allaient voir ! Revaaanche ! Faudrait bien pour ça que Jeanne ait un fils... Il espère, fort, très fort ! Alors un jour il donne à Jeanne

« une grosse boîte d'or fermée à clef, et par-dessus, pour pendre icelle, une chaîne d'or qui eût pu faire 25 ou 30 tours à l'entour du col ; ouvrit cette boîte, lui montra son testament seulement par-dessus, et l'ayant refermée, il lui dit que, testament et bijoux, tout serait à elle, si, afin de ne pas mettre au monde un enfant pleureur ou rechigné, elle avait le courage de chanter un air béarnais, au moment de la naissance. »

Ail et jurançon

Et voilà, vous l’entendez ? Henri est né (sans aucuns pleurs), c’est la fête : le pépé, fou de joie, donne la cassette à sa fille en disant « Voilà qui est à vous, mais ceci est à moi ! » et il attrape le petit, pour le montrer à la foule en liesse, depuis la fenêtre de la chambre. Là, tout fier, il rugit : « Voyez, ma brebis a enfanté un lion ! »

Sur quoi il frotte une gousse d'ail sur les lèvres du bébé et lui fait boire un peu de Jurançon, en disant « Toi, tu seras un vrai Béarnais ! »... certainement un moyen à l'époque pour immuniser les enfants contre les maladies !

Hop, au boulot !

Le petit Henri est éduqué à la béarnaise, dans des paysages sauvages, avec les gamins du coin. Et quand il revient à Pau chez sa mère, c’est pour mener une vie pas vraiment folichonne : il travaille dur (sa mère ne veut pas d’un « âne couronné »), fait de l’activité physique, mange peu ou pas (plats en sauce et sucreries interdits !) et dort sur une simple paillasse, à même le sol, tout habillé ! 5 heures de sommeil plus tard, réveil en fanfare et cours d’équitation...


Et encore !