Balzac à Saché : nuits blanches et café noir

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Balzac, Saché - ©Agota / CC-BY-SA Balzac, Saché - ©Agota / CC-BY-SA
Château de Saché Château Château de la Loire Honoré de Balzac

Papa, qui t'es ?

En 1803, un certain Jean Margonne rachète le château avec sa femme et le réaménage au goût du jour. Mais le couple passe plus de temps dans sa résidence de Tours...

Parmi leurs voisins, il y a l'adjoint au maire Bernard-François Balzac et sa petite famille, dont un certain Honoré, un de leurs 3 enfants. On dit d'ailleurs que le dernier des petits Balzac, Henri, aurait pour papa ce cher monsieur Margonne, qui d'ailleurs lui ressemblait beaucoup...

Petit chétif deviendra grand

Le petit Honoré n'a pas une santé formidable. Plutôt chétif ! Un séjour de trop au pensionnat le vide de toutes ses forces. Les Balzac décident d'envoyer le petit Honoré à Saché, chez les Margonne, pour s'y reposer. Il n'oubliera jamais Saché et son petit château...

Après le succès de son premier roman Le Dernier Chouan, en 1829, Honoré revient se reposer à Saché, toujours reçu par les Margonne. Un véritable lieu d'inspiration mais aussi un refuge qui lui permet d'échapper à ses créanciers !

Rhaa, maudits vautours... Et oui ! Balzac fuit ses créanciers, à Paris. Il part se cacher chez une amie à Issoudun (36) ou à Saché chez M. de Margonne.

Un radin, une bossue !

Margonne, Honoré l'appelle le « sire de Saché » mais il ne l'aime pas plus que ça. Il le dit radin et trouve sa femme pas aimable et bossue ! Mais Honoré le lui rend bien en étant pas plus aimable avec elle... Balzac écrit à son amie Mme Hanska :

« Saché est un débris de château sur l'Indre, dans une des plus délicieuses vallées de Touraine. Le propriétaire, homme de 45 ans, m'a fait sauter sur ses genoux. Il a une femme intolérante et dévote, bonne, peu spirituelle. Je vais là pour lui, puis je suis libre. »

En attendant, en mourant, Margonne le soit disant radin lègue à Honoré une grosse somme d'argent... De quoi satisfaire ses créanciers ! Pour un temps en tout cas...

Ecrire, écrire... toujours écrire

Dès qu'il arrive à Saché, Honoré s'enferme dans sa chambre, sa « cellule de moine » comme il dit et, volets fermés, lampes allumées, il écrit assis ou couché parfois pendant presque 20 h non stop. Pas le temps de rêvasser, l'écrivain travaille d'arrache-pied !

Quand il a fini d'écrire, Honoré se « met en vacance », se levant à n'importe quelle heure, se promenant, sautant les repas... Puis au bout de quelques jours reviennent l'envie d'écrire, l'inspiration ! Alors, finies les fantaisies !

Debout à 2 h du mat', il se prépare du café avec des tartines de pain grillé et se met à écrire sur son lit, se servant d'un pupitre où il peut relever ses genoux dessous si besoin. Il continue à travailler ainsi jusqu'à 17h... Hallays (vu dans le Guide du val de Loire mystérieux (éd. Tchou) dit :

« Il faut le voir, rivé à sa table, poursuivant jour et nuit son labeur fou, sous le double aiguillon du génie et de la nécessité. Il est brisé, exténué quand il arrive, mais il a humé l'air natal. Les arbres, le ciel l'ont vite guéri. Ses dettes récapitulées, il mesure l'effroyable tâche que lui imposent ses engagements avec les libraires, et il reprend son œuvre... »

Il raconte d'ailleurs à sa mère dans ses lettres que ses éditeurs le harcèlent.

« A 10 pages par jour, cela fait 3 mois, et, à 20, 45 jours, et il est physiquement impossible d'en écrire plus de 20, et je ne demande que 40 jours... »


Et encore !