Balade sur un bouclier : 4 anecdotes sur le sacre de Pépin le Bref dans la cathédrale de Soissons

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Couronnement de Pépin le Bref en 754 (F. Dubois, 1837) - ©G.Garitan / CC-BY-SA Couronnement de Pépin le Bref en 754 (F. Dubois, 1837) - ©G.Garitan / CC-BY-SA
Cathédrale Saint-Gervais-Saint-Protais de Soissons Cathédrale Festivités Pépin le Bref

Novembre 751. Ca caille, sous les immensités glaciales de la grande cathédrale picarde.

Pépin dit le Bref (à cause de sa petite taille) devient roi des Francs dans la cathédrale de Soissons.

Dites... vous connaissiez ces 4 anecdotes sur son couronnement ?

1 - Bisbille au pays des Francs : comment Pépin le Bref accède au pouvoir

Charles Martel passe l’arme à gauche en 741. Il a partagé son territoire en 3 pour ses fistons : Carloman, Pépin et Grifon... le bâtard, qui reçoit les miettes toutes rassies.

Merci, pôpa ! Grifon se met alors en guerre contre ses frangins pour avoir sa part de gâteau. Mais les deux lui filent une raclée. Carloman, lui, se fait moine.

Reste le p’tit Pépin, seul à mener la barque. Hé mais... et s’il devenait roi des Francs ? Voilà une idée, qu’elle est bonne !

Oui, mais il y a déjà un roi, le dernier représentant des Mérovingiens : Chilpéric III. Enfin, un roi de pacotille, qu’il sera facile de dégager.

Hop, avec accord du pape, Pépin « dépose » Childéric et le fout dans un monastère. La voie est libre... C’est parti pour le sacre à Soissons !

2 - Balade sur un bouclier : comment les Francs se font sacrer

La tradition mérovingienne dit que quand un roi est élu, il grimpe sur un grand « pavois » (bouclier) qu’on promène dans la ville pendant une heure.

Héé ! Ca vous rappelle sûrement... voui, les classiques : le chef Abraracourcix dans la B.D. Astérix !

Blague à part : ce rituel nous vient du IVe s (merci les Romains). Romains qui l’ont refilé aux peuples germaniques, puis aux Francs.

Monter le roi vers le ciel, c’est grand, c’est beau, ça en jette ! Mais les religieux, eux, râlent : ce rituel barbare fait reconnaître le roi par ses sujets, pas par Dieu !

C’est pour ça qu’on laisse tomber ce truc de sauvage pour le « vrai » sacre : la cérémonie religieuse avec le Saint-Chrême. Vous savez ?

L’huile divine apportée par une colombe pour le baptême de Clovis, en 498, à Reims. Huile utilisée ensuite pour les sacres des rois de France...

Hé oui ! Boniface, qui s’occupe de la cérémonie à Soissons, donne à Pépin la sainte onction en marquant son front avec le Saint-Chrême.

3 - Pourquoi Pépin le Bref a été sacré deux fois

Oui, Pépin n’a pas eu un mais deux sacres. Le premier, dans la cathédrale de Soissons en 751, après son « coup d’Etat ».

Bof, bof : Pépin devient roi des Francs, mais certains commencent à contester sa légitimité.

Il faut arranger ça : rebelote avec un second sacre en 754, dans la basilique Saint-Denis, celui-là. Et cette fois, c’est le pape qui lui pose la couronne sur les tifs : plus de contestation possible, Dieu l’a choisi, l’Eglise le protège.

4 – Pépin fonde la dynastie des Carolingiens

Oui, Pépin fonde la dynastie des Carolingiens, après le passage des Mérovingiens entre 481 et 751.

Elle dure jusqu’en 987 : à cette date, le règne des Capétiens commence avec le sacre d’un certain Capet, Hugues de son p’tit nom, dans la cathédrale de Noyon...

Le plus célèbre des Carolingiens ? Charlemagne, le fiston de Pépin et de sa moitié, Berthe au Grand-Pied !


Et encore !