Azay-le-Rideau : magouilles et gros chantier pour Berthelot

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Le château - ©Jean-Christophe BENOIST / CC-BY Le château - ©Jean-Christophe BENOIST / CC-BY
Château d'Azay-le-Rideau Château Château de la Loire Criminalité financière

Oh mon châteeaaauu

Le 1er seigneur d'Azay-le-Rideau se nomme Hugues Ridel : le monsieur possède un petit château détruit pendant la guerre de Cent Ans.

Au début du XVIe s, les terres sont acquises par Antoine Lesbahy. Sa fille Philippa épouse Gilles Berthelot en 1518. Un puissant financier, maire de Tours et trésorier de France, ce Berthelot. Sur les bases du vieux château médiéval, ce dernier se fait construire une demeure digne de sa brillante situation, décrit comme « deux grands corps de bâtiments en pierre de taille à canonnières, mâchicoulis et tourelles sur cul-de-lampe ». Tout ceci en tuffeau et en pierre de Bourré...

Le moins qu'on puisse dire, c'est que les travaux sont colossaux ! Les comptes nous apprennent que, de juin à août I5I8, 120 ouvriers travaillent jour et nuit à creuser les fondations, à planter les pilotis et à assécher le terrain. Berthelot demande même au roi l'autorisation de se fortifier, à cause, dit-il, « du grand passage, de jour et de nuit, de plusieurs mauvais garçons, larrons publiques, épieurs de chemins et autres gens vagabonds, mal vivants... »

Magouilles et politique

Mais voilà, on a un problème ! François Ier, depuis un moment, est intrigué par les somptueux châteaux que se font construire ses trésoriers : c'est qu'il en faut de l'argent, pour de telles choses !

Le roi met alors en place une commission chargée d'examiner leurs comptes. Bon, je ne vous cache pas que ce dernier a besoin d'argent pour mener à bien sa politique d'expansion... Hé, c'est que faire la guerre, ça coûte cher !

En 1526, la nouvelle tombe : les financiers sont coupables de malversations et aussitôt, les poursuites s'engagent. Notre Berthelot fait partie du lot ! Son cousin Jacques de Beaune, surintendant des finances, vient de se faire pendre au gibet de Montfaucon en août 1527...

Le seigneur d'Azay se voit démis de ses fonctions, condamné à régler la somme de 54 400 livres tournois. Puis, il prend la fuite à Cambrai, laissant un château inachevé !


Et encore !