Avignon et la tarasque, entre légende et traditions

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La tarasque - ©Véronique PAGNIER / CC-BY-SA La tarasque - ©Véronique PAGNIER / CC-BY-SA
La tarasque Maison Festivités Miracle Légende

Avignon cache un bas-relief représentant la tarasque dévorant un homme au 20 rue des Teinturiers... C'est un bas-relief médiéval qui se trouvait à un autre endroit de la ville et qu'on a apposé sur la maison de pierres blanches située au n° 20. Que dit la légende de la tarasque ?

Une horrible bestiole !

Entre Arles et Avignon se trouvaient des marécages peu ragoutants. Dans ces marécages, une vilaine bestiole ! La tarasque... Une horrible bête amphibie, un monstre hideux et féroce dont le texte le Pseudo-Marcellus nous donne la description :

« Plus gros qu'un bœuf, plus long qu'un cheval, il avait la tête d'un lion, des dents aigus comme des épées, une crinière de cheval, le dos tranchant comme une hache, des écailles hérissées, six pattes aux griffes d'ours, une queue de serpent, un bouclier comme une tortue de chaque côté. »

Non contente de squatter les bords du Rhône, la Tarasque gobe tous les villageois qui passent trop près de son antre. Qui pourra délivrer le pays de ce fléau, quiiii ? Une femme....

Sainte Marthe à la rescousse

Sauvé des eaux !

Une sainte du nom de Marthe, fraîchement débarquée dans le coin dans le but de convertir les païens au christianisme. Mais Marthe est aussi une faiseuse de miracles. Par exemple, elle prêche un beau jour sur les bords du Rhône devant une foule nombreuse.

De l'autre côté du fleuve, un jeune homme qui veut les rejoindre, saute dans l'eau et se met à nager. Mais la force du courant l'épuise vite et la noyade le guette... On ne peut rien faire pour lui, il est trop tard.

Deux hommes retrouvent son corps échoué quelques jours plus tard. Ils décident de l'apporter à Marthe pour qu'elle tente quelque chose. Elle lui prend la main, se met à prier et le jeune homme se lève, plus vivant que jamais !

En moins de deux...

Un miracle... Mais alors, peut-être peut-elle délivrer les gens de la tarasque ? Tout juste. La sainte, pas plus affolée que ça, part trouver l'horrible bête dont on lui rebat les oreilles depuis un moment. Elle la trouve cachée dans un bois en train d'engloutir un homme.

Marthe l'asperge d'eau bénite et lui montre une croix. Voilà la bestiole qui se soumet, comme paralysée ! Marthe lui passe alors sa ceinture de soie autour du cou. La tarasque est devenue aussi docile qu'un agneau...

Vengeance ! crient les habitants qui se ruent aussitôt sur elle et la coupent en morceaux ! Résultat des courses : l'immonde bête fut vaincue et le christianisme s'imposa dans la région. Merci qui ? Merci Marthe !

Les fêtes de la tarasque

La légende de la tarasque a entraîné la création par le roi René des fêtes de la Tarasque à Tarascon, en 1469 ! Deux fois l'an à la Pentecôte et à l'Ascension, on sort une grosse effigie de la tarasque qu'on « promène » dans les rues de la ville. Ce sont les Chevaliers de la Tarasque (ordre crée en avril 1474) qui portent la bête.

Oh, ce n'est pas une simple promenade de santé, le passage de la tarasque ! Elle souffle de la fumée par ses gros naseaux, secoue sa grosse tête et fonce sur le public qui doit esquiver ses coups le plus vite possible. Ca faisait plus ou moins de morts autrefois, cette histoire... L'Unesco a même classé ces fêtes en 2008 au patrimoine immatériel de l'humanité !


Et encore !