Accident, remords, malédiction : de quoi est mort le roi Philippe le Bel à Fontainebleau

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Mort de Philippe le Bel (De casibus virorum, XIVe s) - ©The British Library / Public domain Mort de Philippe le Bel (De casibus virorum, XIVe s) - ©The British Library / Public domain
Château de Fontainebleau Château Accident Philippe IV le Bel

Philippe est terrifié. La peau glacée jusqu’aux os. La mort rôde. Il la sent, la charogne !

Philippe n’est plus qu’un homme rongé par les remords. Ce sont eux qui l’ont tué. Lui, le « roi maudit » : Philippe le Bel.

Mort maudit par la terrible malédiction templière rugie par Jacques de Molay, le grand maître de l’ordre, du haut de son bûcher, place Dauphine. Quoi ? Ce n’est pas ce que dit l’histoire officielle ?

La mort rôde au coin de la forêt

Philippe le Bel. Seul roi de France à être né et mort au château de Fontainebleau. Lui, le biau roi, grand, bien bâti, blond.

Et pourtant... On est le 29 novembre 1314. Vous entendez ?

Clop-clop-clop. Fracas de fers. Course déchaînée. Ecume. Mors aux dents. Philippe a 46 ans, il va mourir. Là. Dans une forêt voisine de Fontainebleau.

Pourtant... un sanglier va faucher son cheval, en pleine partie de chasse.

« Un jour lui prit volonté d’aller chasser le cerf, et en ce point qu'il avait levé un grand cerf ; ainsi qu’il vit venir accourant le cerf vers lui, il tira son épée ; il cuida (pensa, ndlr) tantôt férir (frapper, ndlr) le cerf de son épée.

Mais son cheval s’élança et porta le roi contre un gros arbre par si grand randon (à vive allure, ndlr), que le noble roi en lui défaillant sens et pouvoir, se laissa verser sus du cheval par terre, et fut durement blessé jusqu’au cœur.

Ses gens y accoururent, le levèrent et sur une litière qu'ils envoyèrent hâtivement quérir, le portèrent droit à Corbeil. Il eut plusieurs bons médecins, mais en la fin, ce fut pour néant, car sa douleur s’aggravait de jour en jour.

Et enfin fut de tous médecins abandonné, et quand il fut fort affaibli, et il connut que la mort l’approchait, il fit ses ordonnances et prit ses derniers sacrements. »

(Chroniques de Flandres)

Voilà ce que dit l’histoire officielle. D’autres sources parlent de maladie, comme Les morts mystérieuses de l’Histoire (A. Cabanès, 1901). Laquelle ? Typhoïde, typhus ? Le chroniqueur Guillaume de Nangis écrit à l’époque :

« Il n’y avait aucun médecin, tant fut il expert, qui sut dire quelle était cette maladie du roi, et moins reconnaître si elle était mortelle, ni ayant pouls, ni autre signe qui menaça ce prince de mort, bien qu’il sentit ses forces diminuer, et qu’il s'en allait mourant. »

La vérité, c’est qu’on ne sait pas la cause de sa mort. Pas de trauma crânien suite à une chute de cheval, c’est sûr. Vous savez quoi ?

Je vais vous dire ce qui a tué Philippe le Bel...

Regrets et honte tuent sûrement (et lentement)

Tour de Nesle et Templiers

Oui. J’ai une petite idée sur la mort de Philippe.

Il aurait succombé sous le poids terrible du remords. De la honte, aussi. La honte dans l’affaire de l’adultère de la tour de Nesle, où ses belles-filles, Marguerite et Blanche de Bourgogne, se sont roulées dans la fange avec leurs amants.

Les remords ? Philippe a arrêté et envoyé des innocents au bûcher. Qui ? Les Templiers. A cause de ça, il sera maudit... Oui, ce roi si beau, si puissant. Si fort en apparence... un roi maudit.

Comment tout avait commencé ?

La malédiction des Templiers

Philippe continue le boulot de son papy saint Louis, niveau réformes économiques et politiques. Mais il a besoin d’argent, pour raffermir son pouvoir. Où le trouver ?

Avec les Templiers. Les chevaliers du Temple, cet ordre religieux militaire d’abord dédié à la garde du tombeau du Christ, à Jérusalem, devenus ordre bien mystérieux... pauvres au début, devenus plus riches que le roi...

Octobre 1314, Philippe les arrête, ils sont hérétiques. Crac ! Il confisque tout leur or. Et brûle le chef suprême, Jacques de Molay, et 30 de ses copains. Vous vous souvenez ? Ca se passe sur la place Dauphine, le 13 octobre 1307... pas comme dans du beurre.

Jacques crache une malédiction du haut de son bûcher. Il cite le pape et le roi à comparaître devant Dieu dans les 40 jours. Le pape Clément meurt le 20 avril, Philippe... le 29 novembre 1314.

Impressionnant, non ? Philippe est mort avec ses hurlements prophétiques résonnant comme un rugissement monstrueux dans sa tête...


Et encore !