A l'origine de Sylvanès, la dure repentance Pons de Léras

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Extérieur du cloître - ©Fagairolles 34 / CC-BY-SA Extérieur du cloître - ©Fagairolles 34 / CC-BY-SA
Abbaye de Sylvanès Abbaye Brigandage Cistercien

Changer !

L’histoire (contée par le moine Hugues Francigena vers 1161) se passe en ces temps incertains où la mort, la guerre, la maladie font partie de la vie.

On n’est sûr de rien, hormis qu’il y a une vie après la mort. Et que tout dépend de ce qu’on a fait sur notre si bref passage sur terre.

Mais rien n’est jamais trop tard pour changer, vous ne croyez pas ?...

C’est ce que se dit un matin Pons de Léras, seigneur de Saint-Félix-de-l’Héras dans l’Hérault.

Remords et fleuve de larmes

Pons est fatigué. Fatigué de se faire réveiller par des terreurs nocturnes où il se voit brûler en Enfer.

Car Pons, seigneur opulent et brave entre les braves, est un redoutable pilleur.

Violent, cruel. Qui ne compte plus les fois où il a tué.

Alors quand lui remontait des remords, ces nuits d’angoisse sans lune, « il versait jour et nuit des fleuves de larmes pour effacer les tâches de ses crimes » dit la chronique.

Le début de la repentance

Mais ça ne suffit pas.

Pons donne tous ses biens aux pauvres, puis après avoir confié femme et filles dans un couvent, il emmène à sa suite quelques amis pour rendre aux gens ce qu’il leur avait volé.

Vaste programme...

Mieux, un jour de fête à Lodève, il fait amende honorable à genoux en se fouettant, tandis que l’évêque récite ses crimes.

Le peuple, coi, se laisserait presque attendrir. C’est pas tous les jours qu’un criminel se repent...

Un pèlerinage, et puis...

Le pardon du peuple en poche, manque celui de Dieu !

Alors Pons se fait pèlerin : Compostelle, Saint-Martin-de-Tours, le Mont-Saint-Michel... jusqu’à arriver à Camarès, dans l’Aveyron.

Le seigneur Arnaud du Pont les autorise à rester sur ses terres.

Pons choisit un endroit reculé, perdu dans les bois. Installé dans des huttes de branches tendres, ils défrichent, cultivent.

Salva nos

Pons, méconnaissable, se consacre avec ardeur à la prière, au travail manuel et à l'aide aux plus pauvres d’entre tous.

De ses mains naît une petite chapelle... la base de la future abbaye.

Sa nouvelle vie le laisse épuisé, tous les soirs, sur sa couche de mousse. Fatigué, mais enfin en paix !

Voilà comment Sylvanès, salva nos (sauvez nos âmes) est née…


Et encore !