A la découverte du site archéologique de Cimiez

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Vue d'ensemble - ©Frantz-Samy / CC-BY-SA Vue d'ensemble - ©Frantz-Samy / CC-BY-SA
Site archéologique de Cimiez Gallo-romain

Cemelenum


Cimiez, ancienne Cemelenum ! Les riches Romains s'y installent dès le Ier siècle avant J.-C. Ils sont 20 000 au IIe siècle ! Au siècle suivant, sous Claude, Cemenelum devient la Provincia Alpium Maritimarum, capitale des Alpes Maritimes. L'importante via Julia Augusta, qui relie l'Italie au Var, traverse même Cimiez.

Et dire que 2 siècles plus tard, au IVe siècle avant J.-C., les Massaliotes vont s'installer et former la cité de Nikaia, l'actuelle Nice... Pourtant, bien avant les Romains, la tribu celte des Ligures Vediantii avaient construit à Cimiez leur oppidum, sorte de gros château-fort dont il reste quelques vestiges au sud du monastère de Cimiez, sur une butte, sous forme de gros morceaux de pierre calcaire...

Le site archéologique comprend l'amphithéâtre, les thermes et un temple dit d'Apollon.

L'amphithéâtre


Voyons d'abord l'amphithéâtre. Appelé dans le coin « cuve des fées », tina dei fada, ce n'est qu'un très modeste bâtiment au Ier siècle, qui ne peut accueillir que 500 personnes, sûrement sur des gradins en bois. On y organise exclusivement des combats d'animaux et de gladiateurs. Au IIIe siècle, on l'agrandit : il mesure alors 65 mètres sur 55 m ; près de 6 000 spectateurs peuvent y entrer ! On le modernise aussi : exit le bois, voilà des gradins en pierre.

Les thermes


Ensuite, on a les thermes. Elles se composent de 3 parties : thermes du Nord, thermes de l'Est, thermes de l'Ouest, chacune avec son propre système de chaufferie, son vestiaire, ses piscines.

Les thermes du Nord, autrefois grandes et belles, sont réservées aux notables et aux personnes fortunées de Nice. Pour preuve, de petits carreaux de marbre blanc couvrent entièrement les murs des salles ! Très bien conservée, on trouvait dans cette partie des thermes une piscine en marbre entourée d'un péristyle ainsi que des latrines. Au nord, le frigidarium (pièce d'eau froide) voûté.

Ensuite, la salle tiède (tepidarium) et la pièce des eaux chaudes (caldarium) construite sur un hypocauste (hypocaustum, système de chauffage par le sol). On a un système de chauffage, le proefurnium (bouche du fourneau), qui servait surtout pour le sudatorium (sorte de sauna).

On réserve les thermes de l'Est pour les personnes plus modestes : des bains populaires, quoi ! Avec une décoration nettement moins recherchée. Les thermes de l'Ouest, elles, servent uniquement pour les femmes : et oui ! Chez les Romains, hommes et femmes ne prennent pas leurs bains ensemble...

Vous savez quoi ? Cette partie des thermes a été transformée en cathédrale primitive flanquée de son baptistère, dès le Ve siècle ! Avec ses modestes dimensions de 26 m de long sur 9 de large, elle présente une sorte de grande cuve remplie d'eau en son milieu, avec quelques marches pour permettre à celui qui se fait baptiser de s'immerger dedans.

Mais, vous allez me dire, « comment approvisionne-t-on ces thermes en eau » ? Avec des aqueducs, pardi ! On en comptait deux, l'aqueduc de Mouraille et celui de Falicon (Ier-IIe siècles).

Le temple d'Apollon


Pour finir, le temple d’Apollon... qui n'est pas un temple, en fait, mais une pièce de bains froids réservée à une certaine catégorie de personnes. Il mesure tout de même près de 20 m de long sur 12 de large...

La chute de l'empire romain fait disparaître Cimiez, au VIe siècle...


Et encore !