A la découverte des sites archéologiques de Fréjus

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L'amphithéâtre - ©Patricia.fidi / Public domain L'amphithéâtre - ©Patricia.fidi / Public domain
Sites archéologiques de Fréjus Gallo-romain Fortification Aqueduc Port

Le marché de Jules

Le port divin

Ancienne Forum Julii, le « marché de Jules », Fréjus naît entre 58 et 44 avant J.-C. à l'époque où César gouverne la Gaule. Auguste apporte un port à la ville de Fréjus. Strabon appelle d'ailleurs la ville « le port divin d'Auguste », Pline colonia Octavanorum, « la colonie d'Auguste » et Tacite vertus et illustris colonia dans la Vie d'Agricola, « ancienne et illustre colonie ».

Mazette, que d'honneurs, dites donc ! Du coup, forte de ce riche passé romain, Fréjus abrite encore quelques vestiges assez intéressants, qu'on découvre en faisant un grand tour à travers la ville...

L'anecdote !

Pour l'anecdote, les ruines de tous ces monuments romains ont servi à un certain Riculphe, évêque de Fréjus, lors de la reconstruction de la ville au Moyen-Age après le saccage des Sarrasins à la fin du Xe s. Ce monsieur s'est allègrement servi des monuments romains comme d'une carrière de carrières, parfaite comme matériaux de construction pour sa belle demeure !

L'amphithéâtre

Amphithéâtre ou arènes, c'est pareil... Celui-là est plus petit que celui de Nîmes et d'Arles. Mais il pouvait tout de même recevoir 10 000 spectateurs (contre 25 000 à Nîmes et Arles) !

On a retrouvé des briques portant le nom de celui qui les avait livrées : Castor. Un homme important qui avait déjà approvisionné en briques pas mal de chantiers de construction de Fréjus...

L'aqueduc

L'eau venait de Mons, des eaux de la Siagne. Elles arrivaient par cet aqueduc jusqu'à Fréjus, après un trajet de 40 km !

Une fois arrivée dans la ville, l'eau atterrissait au château d'eau, le castellum, pour ensuite être dispatchée dans les différents quartiers. De l'aqueduc, on voit encore certains piliers debout au milieu de la végétation.

La lanterne d'Auguste

Construite au Moyen-Age sur les ruines d'une tour romaine, elle sert d'amer aux navigateurs, c'est-à-dire de point de repère fixe qu'on voit de jour (contrairement au phare) en entrant dans le port. Haute de 10 m, ce n'est pas un phare, donc, on ne peut pas mettre de feu à son extrémité...

Les remparts romains

De vrais remparts d'une longueur de près de 2 km ! La porte des Gaule est un vestige de cette impressionnante muraille. La tradition veut que ce soit par là que passait la voie Aurélienne qui menait de Rome en Gaule.

On comptait autrefois quatre portes fortifiées : la porte des Gaules et la porte Dorée sont les deux dernières encore debout.

Le port

Du port d’Octave, on ne trouve plus que le tracé, couvert par la terre. Un port comblé en 1812 à cause de la vase et l'air insalubre qu'il dégageait ! A l'époque romaine, Fréjus a un port gigantesque, plus de la moitié de la superficie de la ville !

Avec ses 2 km de quais, il est relié avec la mer par un canal de 30 m de large et de 500 m de long : oui, le port a été creusé dans l'intérieur des terres... Deux tours en marquent l'entrée. Jules César dessine les plans d'un premier port, mais c'est Octave qui en fait un grand port militaire, en le dotant de 300 bateaux pris pendant la bataille d'Actium contre Antoine.

Pour prévenir l'envasement du port, on fait dériver les eaux de l'Argent. Ce qui faisait dire à Pline l'Ancien : « L'Argent coule dans Fréjus »... Hé non, rien à voir avec une quelconque richesse !

La porte dorée

Voilà le vestige des thermes du port. Des thermes monumentaux ! La porte se présente sous la forme d'une haute arcade moitié en grès moitié en brique. On y a retrouvé la tête de Jupiter qui se trouve au musée de la ville.

Quant à son nom, on ne sait pas bien. L'historien et abbé Girardin évoque un nom donné en référence aux grands clous à têtes dorées qui se trouvaient dans la maçonnerie. Mais on écrit aussi « porte d'orée », car on se trouve à l'entrée du port, l'endroit d'où viennent toutes les marchandises apportées par bateaux de l'Orient...


Et encore !