A la découverte de la collégiale de Mézières-en-Brenne

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L'église - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA L'église - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Eglise Sainte Marie-Madeleine de Mézières-en-Brenne Collégiale

La collégiale d'Alix

L'église, c'est en fait l'ancienne collégiale fondée par Alix de Brabant, dame de Mézières-en-Brenne. Consacrée par l'archevêque de Bourges en juillet 1339, le jour de la sainte Marie-Madeleine, l'église va devenir la nécropole de la famille !

Alix, c'est la veuve de Jean III d'Harcourt, vicomte de Châtellerault. Elle fréquente de très près la Cour. Après tout, c'est la nièce de la reine Marie de Brabant, l'épouse du roi Philippe le Hardi !

Elle peut donc demander aux meilleurs artisans et artistes pour décorer sa collégiale... Mais Alix meurt peu de temps après la consécration de la collégiale. On l'enterre sous le chœur. Et le temps passe...

Réparations, agrandissement n'auront pas raison de la petite église : c'est même le premier monument de l'Indre à se faire inscrire sur la liste des monuments historiques, en 1842 !

La visite de l'église de Mézières

Un beffroi et un porche

On commence par l'extérieur, venez ! A remarquer, la façade plutôt originale, avec son beffroi et ses trois clochers (à l’origine en pierre, changés en ardoise en 1822).

Ne pas oublier les sculptures du porche occidental qui représentent des scènes de la vie de Marie-Madeleine : un décor malheureusement détruit par les guerres de Religion et la Révolution...

Des blasons tout frais

Venez par là, on passe maintenant à l'intérieur... D'emblée, on remarque la charpente lambrissée, bien colorée : sur les poutres figurent les armes rouge et or des Harcourt, celles des Brabant...

Mais oui, ce sont bien les dessins originaux ! Ils ont juste été restaurés au XIXe siècle, d'où ces couleurs si vives qui peuvent surprendre !

Les vitraux : Harcourt et Brabant, priez pour nous !

Les vitraux du XIVe siècle sont parmi les plus beaux du département. Ils viennent des ateliers de Rouen (76).

• Ceux du chœur datent du XIVe siècle, du temps où Alix fonde la collégiale : ils représentent l'apparition de Marie-Madeleine à Pâques et la Crucifixion.

• Dans la nef, le vitrail du XIVe siècle représente Jean d'Harcourt en prière avec ses enfants.

• Sur les murs latéraux, vous avez sûrement remarqué ces deux vitraux : l'un d'eux met en scène l'un des fils Harcourt, agenouillé, en armure (le rouge et l'or sont les couleurs de la famille). Il tient quelque chose... oui, au creux de ses mains, il tient une petite église ! Celle que sa mère a fondée ? En dessous, les armes de Brabant et des Harcourt, le tout encadré de fleurs et d'oiseaux.

L'autre vitrail met en scène d'un côté Jeanne de Vierzon, fondatrice de l'église des Cordeliers de Bourges, flanquée de saint Ursin, évêque de Bourges. En face on a sainte Solange, patronne du Berry avec Alix de Brabant.

La chapelle des « bâtards »

La plus belle découverte de l'église se trouve ici. Avancez un peu ! Vous voyez ? Voici la chapelle d'Anjou, avec son décor Renaissance composé d'une clôture en pierre ouvragée. Elle a été fondée par une branche de la maison d'Anjou, les « bâtards du Maine » comme on les appelle.

Bâtards, peut-être, mais seigneurs de Mézières dès le XVe siècle ! La chapelle a été consacrée en 1552. Et vous savez quoi ? On pense que plusieurs cercueils en plomb dorment encore sous son sol !

Les vitraux datent de la moitié du XVIe siècle : on y voit les familles d'Anjou accompagnées de leurs saints patrons, leurs protecteurs !

• Louis d'Anjou flanqué de ses fils et de saint Louis.
• Anne de la Trémoille avec ses filles flanquées de sainte Anne et de la Vierge Marie.
• René d'Anjou et ses fils avec saint René leur protecteur.
• Antoinette de Chabannes et ses filles avec saint Antoine leur protecteur.
• Nicolas d'Anjou et son fils unique avec saint Nicolas (patron de la Lorraine, qu'on reconnaît avec les enfants dans le saloir).
• Gabrielle de Mareuil et ses filles avec l'ange Gabriel.

Stalles... et litre funéraire ?

Ne pas oublier les stalles, avec leurs miséricordes savoureuses. On en comptait 54 au départ : au début du XIXe siècle, il en reste 36... Elles ont été réalisées en 1540, commandées par l'abbé de Saint-Cyran-en-Brenne, Louis de Beaumont-Barzay.

Au fond de l'église, sur les murs du chœur, vous voyez cette peinture murale ? Le panneau explicatif de l'église ne fournit pas de détail dessus : je pense qu'on a là une litre funéraire, un peu comme dans l'église d'Azay-le-Ferron...


Et encore !