9 mai 1435, la bataille de Gerberoy expliquée en 8 pourquoi !

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Cité médiévale de Gerberoy Cité médiévale Guerre de Cent Ans

Gerberoy. 9 mai 1435. Un petit jour frisquet mais limpide se lève sur la campagne picarde.

Retour sur un des chocs France-Angleterre, pendant la guerre de Cent Ans !

1- Pourquoi ça commence fort pour les Anglais

La Picardie, depuis un moment, se réveille avec les Anglais, comme voisins.

Hé oui. On est en pleine guerre de Cent Ans.

En plus de contrôler une énorme partie du sud-ouest de la France, l’ennemi a fait la mainmise progressive du Nord de Paris, avec toute la Normandie et la Picardie.

Sournoisement. Dans la violence.

2 - Pourquoi Gerberoy est capitale pour les Français

Mais, après la mort de Jeanne d’Arc en 1430, la situation se renverse.

Les Français reprennent petit à petit du poil de la bête et des places-fortes : Paris, Compiègne, Beauvais...

Et Gerberoy, qui résiste un peu, mais finit par tomber, en 1432.

C’est une place-forte stratégique à avoir dans sa poche, côté Français !

Pourquoi ?

• Pour défendre les environs de Beauvais récemment reconquis ;

• Pour essayer de pénétrer les lignes ennemies en Normandie.

3 - Pourquoi les Français reconstruisent les murs qu’ils ont eux-mêmes détruit

En 1435, le roi Charles VII envoie à Gerberoy les deux anciens fidèles lieutenants de Jeanne d’Arc : La Hire et Xantrailles.

Ils arrivent de nuit dans la petite cité picarde, avec une idée en tête : retaper les anciennes fortifications !

Ca faisait 3 ans que les Français avaient repris Gerberoy des mains des Anglais.

Mais faute de moyens, ils l’ont abandonnée après avoir détruit ses remparts, pour que les Anglais ne puissent pas s’en servir.

Les Français dominant en 1435, on décide de réoccuper Gerberoy et de restaurer ce qu’on avait détruit !

4 - Pourquoi John FitzAllan, comte d’Arundel, doit changer de plan

A 12 km kilomètres de là, à Gournay, le capitaine anglais John FitzAllan, comte d’Arundel, apprend que les Français re-fortifient Gerberoy.

Ca sent mauvais pour eux !

D’où le changement de plan d’Arundel, qui devait marcher sur la ville de Rue, reprise elle aussi par les Français. Cap sur Gerberoy...

5 - Pourquoi les Français utilisent la « ruse de la vieille au sac »

Au matin du 9 mai 1435, Arundel et son avant-garde, peu nombreuse, arrivent aux portes de Gerberoy.

Ils se préparent au siège en attendant le plus gros de leur armée, en route.

Les Anglais sont 3000, en tout : en attaquant la cité de face, ils sont persuadés que les Français n’auront pas d’autre choix que de se barricader dans Gerberoy ou de battre en retraite.

Mais les Anglais ne savent pas le nombre exact de Français derrière les murailles, ceux-ci étant restés cachés exprès !

Les Français, eux, veulent savoir combien sont les Anglais, et ce qu’ils magouillent : ils affublent une vieille d'un grand sac, l'envoient chez l'ennemi... et attendent !

La vieille (passée incognito, incroyable) revient en piaillant d'un air grave « qu’ils avaient juré de pendre tous les gens d’armes » (oui, Arundel avait apporté un tas de cordes).

Un grondement parcourt le camp français. Il faut attaquer !

6 – Pourquoi la désorganisation de l’armée anglais permet la victoire

Les Anglais sont 3000, en tout. Oui, OK. Mais ils arrivent à Gerberoy au compte-goutte.

Ce qui permet aux Français, qui sont 700, de mieux les attaquer !

Ils décident de les surprendre dans la vallée voisine, tant qu’ils sont en sous-nombre.

C'est comme ça que nos 700 Français mettent en déroute l’avant-garde d’Arundel, avant d’attaquer la cavalerie qui arrive au loin, les prenant de court.

7 - Pourquoi Arundel devient l’Achille anglais

Les Anglais se font vite écraser (ils perdent 250 hommes, les Français à peine 30) et John, colosse d’1,90m, finit blessé par un tir de couleuvrine.

Enguerrand de Monstrelet raconte dans ses Chroniques qu’il se fait blesser à la jambe, « vers la cheville du pied, dont il fut durement blessé et à grand’ peine se pouvait soutenir. »

D’où le surnom de John d’« Achille anglais » !

8 - Pourquoi le corps d’Arundel a failli ne jamais rentrer en Angleterre

Capturé, les Français amènent un Arundel gravement blessé à Beauvais.

Le chirurgien l’ampute, mais trop tard : John meurt 4 semaines plus tard, à l’âge de 27 ans.

La légende dit que, trop fier et vexé par sa défaite cuisante, il refuse de se soigner et se laisse crever.

Un écuyer rachètera sa dépouille, déposée aux Cordeliers de Beauvais, avant de le revendre au frère de John, William !

Arundel finit par trouver un repos bien mérité dans la chapelle du château d’Arundel, sa ville natale dans le Sussex de l’Ouest.

Conclusion !

La victoire est de courte durée : les Français reperdent Gerberoy quelques années plus tard.

En tout cas, encore aujourd'hui, la vallée voisine de Gerberoy, qui a vu l'affrontement, porte le nom de val d'Arondel, en mémoire du valeureux John FitzAlan, comte d'Arundel !


Et encore !