8 anecdotes sur le trophée des Alpes

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Le trophée - ©Peter Gugerell / CC-BY-SA Le trophée - ©Peter Gugerell / CC-BY-SA
Trophée des Alpes Gallo-romain

Situé sur le point culminant de la via Julia Augusta, qui menait de Gênes à Cimiez, voilà le trophée des Alpes, qui se dresse à 450 m au-dessus de Monaco.

Découvrez 8 anecdotes étonnantes sur ce monument romain !

1 - Pourquoi Auguste fait-il construire le trophée ?

Mais à qui doit-on l'imposant trophée, qui date du VI s avant J.-C. ?

L'empereur Auguste, fils adoptif de Jules César !

Et savez-vous pourquoi ? Afin de célébrer sa victoire sur les peuples celto-ligures de la région, tous matés entre 23 et 13 avant J.-C…

Matés ? Oui !

Ces tribus d’hirsutes lançaient de véritables raids, sur les nombreux passages et cols que comptaient les Alpes, entre Gaule et Italie, plombant les échanges commerciaux.

Une chose intolérable pour le puissant Empire romain !

2 - Il ne reste que deux trophées dans le monde

Saviez-vous qu'on ne trouve que deux monuments de ce style au monde ?

Vous pourrez voir le premier en Roumanie : il s’agit du trophée d’Adamclisi, le Tropaeum Traiani, construit après la guerre opposant l’Empire romain de Trajan au peuple Dace.

L'autre se trouve... dans les Alpes-Maritimes : il s'agit de notre trophée des Alpes !

3 - Un trophée, à l'origine, ressemble... à un arbre !

Un trophée (tropaion en latin) ? C'est un monument destiné à commémorer une victoire militaire, dans l’Antiquité gréco-romaine.

Mais à l’origine, il s’agit d’un arbre coupé en forme de croix, laissé sur le champ de bataille, auquel on accrochait les armes des vaincus.

On y suspendait aussi une peau de chèvre ! Pourquoi ?

Petit clin d'oeil au cuir qui recouvre le bouclier de la déesse de la Guerre Athéna, l'aigis.

Cet emblème divin protège quiconque le possède : l'aigis donnera d'ailleurs plus tard le mot « égide »...

4 - Le trophée des Alpes comporte la plus longue inscription antique

Le trophée recèle une inscription qui énumère les 44 peuples celtes soumis par Auguste.

Il s'agit de la plus longue dédicace connue de l'antiquité romaine !

Mention spéciale à Pline l’Ancien, qui en a rapporté la transcription dans son Histoire naturelle :

« A César Auguste, fils du divin César, grand pontife, imperator pour la XIVe fois, investi de la puissance tribunitienne, en mémoire de ce que, sous ses ordres et sous ses auspices, tous les peuples alpins, depuis la mer Supérieure jusqu'à l'Inférieure, ont été soumis à l'empire romain.

Peuples alpins vaincus : les Trumpilini, les Camunes, les Vénostes, les Vennonètes, les Isarciens, les Breunes, les Génaunes, les Focunates, les quatre nations vindéliciennes, les Consuanètes, les Rucinates, les Licates, les Caténates, les Ambisuntes, les Rugusces, les Suanètes, les Calucons, les Brixentes, les Lépontiens, les Ubèris, les Nantuates, les Sédunis, les Véragres, les Salassis, les Acitavons, les Médulles, les Ucènes, les Caturiges, les Brigianis, les Sogiontiques, les Brodiontiques, les Nemaloni, les Édénates, les Ésubianis, les Véaminis, les Gallites, les Triulattis, les Ectinis, les Vergunni, les Éguituris, les Némenturis, les Oratellis, les Nérusis, les Vélaunis, les Suetri. »

5 - Des dimensions colossales !

Le monument actuel mesure 35 m de haut sur 38 de long.

A l’origine, sa base seule mesure 35 m de long. Quant à sa hauteur... une gigantesque statue d'Auguste trônait à son sommet, à plus de 50 m !

Avis aux curieux : vous pourrez voir la réplique de celle-ci dans le petit musée consacré au trophée.

6 - La carrière de pierres qui a servi à l'édification du trophée existe toujours

Les pierres qui ont servi à la construction du trophée sortent toutes droites de la carrière romaine voisine du Mont Justicier !

Il s'agit d'un calcaire blanc, la colombine claire, typique de la Turbie.

La carrière présente encore quelques colonnes laissées là par les carriers. Au Moyen-Age, plusieurs d’entre elles servent de gibet où l'on exécutait les condamnés...

7 - Le trophée a subi des transformations successives

On transforme le trophée en fortifications au Moyen-Age.

Bien plus tard, Louis XIV, qui a conquis la région, y fait dynamiter toutes les forteresses, le trophée inclus !

Celui-ci sert finalement de carrière de pierres, notamment pour la construction de l'église Saint-Michel de La Turbie.

8 - Connaissez-vous la légende du trophée des Alpes ?

C’est le Guide de la Provence Mystérieuse des éditions Tchou qui nous la raconte.

L'histoire se passe à l’époque médiévale.

Le trophée est alors entouré d'une aura mystérieuse, venue de son passé antique : oui, le vénérable monument romain serait hanté...

Mais par qui donc ? Apollon en personne !

Et attendez : celui-ci renseignait les maris sur la fidélité de leur femme. Hop, un doute, et on filait interroger le trophée !

Le dieu niché dans les vieilles pierres braillait ses quatre vérités au mari cocu, cornu pire qu’un zébu, qui ressortait de là la queue entre les jambes...

Il y avait souvent foule, devant le trophée, vous imaginez bien. Des hommes qui repartaient rassurés, d’autres qui filaient, mortifiés...

L’histoire arrive aux esgourdes de l’Eglise, tout particulièrement celles de saint Honorat, moine de l'île de Lérins.

Il débarque, ni une ni deux, au moment où une pauvre femme se fait conduire devant le trophée inquisiteur.

Il s'agit de la belle Tiburge, épouse du comte Aymes, prince de Narbonne.

Honorat glisse un morceau de sa robe de bure dans la poche de la malheureuse, pour la protéger des révélations... redoutable ! Apollon reste coi.

Le dieu répond simplement que la dame est au-dessus de tout soupçon. Rassuré, « le mari jaloux rendit son amour à la tremblante Tiburge » !


Et encore !