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8 anecdotes sur l'amiral Philippe Chabot à Apremont : plus dure sera la chute !

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Le château - ©Selbymay / CC-BY-SA Le château - ©Selbymay / CC-BY-SA
Château d'Apremont Château

Faisons connaissance avec le propriétaire le plus célèbre du château d'Apremont, puisque c'est lui qui le fait construire... l'amiral Philippe Chabot de Brion !

Le proverbe Plus on s'élève plus dure sera la chute lui va particulièrement bien, on va voir pourquoi.

1 - L'origine du nom de Chabot !

Surnommé l’amiral de Brion, Philippe est un Poitevin d’origine, né en 1492 dans une des familles les plus anciennes du Poitou.

Chabot vient du surnom Cabot, qui désigne une personne flanquée d'une grosse tête... on retrouve aussi des chabots, sur son blason : poissons à la tête démesurément grande !

C’est ce qui s’appelle des « armes parlantes » : un blason qui évoque le nom de famille, comme un rébus.

2 - Chabot fait partie de la famille du roi (par alliance)

Chabot grandit aux côtés de François Ier ! Ils se font même faire prisonnier ensemble, à la bataille de Pavie, en 1525.

Comme Philippe négocie super bien la libération du roi, celui-ci le fait amiral.

Il se rapproche un peu plus de la sphère royale en épousant Françoise de Longwy, la nièce de François Ier...

En fait, la mère de Françoise s'appelle Jeanne d’Angoulême, demi-soeur illégitime de François. Ce qui fait de Chabot le neveu par alliance du roi !

3 - Il fait construire le château d'Apremont

Philippe fait construire le château actuel, sur la vieille forteresse du XIe s : on remarquera son logis Renaissance, flanquée de ses deux hautes tours rondes.

Ne manquez pas la « voûte cavalière », unique en France, conçue par Chabot pour l’arrivée de ses invités : une rampe impressionnante de 20 m de long, creusée en partie dans la roche !

4 - Le précieux Rouleau d’Apremont

Philippe a pour projet de canaliser le fleuve Vie, afin d’aménager un port au pied de son château. Une belle idée qui ne verra malheureusement jamais le jour...

On peut voir une copie du « Rouleau d’Apremont » au château, ce plan de 5 m de long, très détaillé, dessiné en 1542, figurant le trajet de la Vie, depuis sa source près de la Roche-sur-Yon, jusqu'à son embouchure dans l'océan Atlantique.

5 - Le coup de Jarnac !

Philippe a pour parent le célèbre Guy Ier Chabot, baron de Jarnac, à l’origine du célèbre coup de Jarnac en 1547, au château de Saint-Germain-en-Laye !

6 - L'amiral et les découvertes maritimes

L'amiral est connu pour avoir tracé des cartes maritimes, bien avant l’invention de la gravure, dit Dictionnaire universel d'histoire et de géographie (Hachette, 1866).

Le roi l'envoie aussi aider Jean de Verrazano, dans sa découverte de la côte Est des Etats-Unis.

Il a aussi armé les navires pour le malouin Jacques Cartier, qui vont lui servir pour partir à la conquête de nouvelles terres, au Canada !

D’ailleurs, Cartier baptisent une des îles du Québec Brion, en son honneur !

7 - La disgrâce de Chabot

29 chefs d'accusation !

Quand on monte aussi haut et qu’on copine avec le roi, forcement, on se fait des ennemis.

Qui ? Des jaloux, comme Anne de Montmorency, ancien copain de François Ier, avec qui il s’est brouillé...

Philippe doit répondre de 29 chefs d’accusation, dont malversations et lèse-majesté : on le condamne à une énorme amende, qui le ruine totalement.

Il fait aussi deux ans de prison.

Magouille avec le roi portugais !

Ce qu'on retient surtout, au procès de Chabot, c'est cette histoire...

Le roi du Portugal, João III, aurait acheté l'amiral pour une tapisserie et 10 000 écus, dit Marins de France, conquérants d'empires (Hubert Granier, 1990, éd Ouest-France)...

Pourquoi ?

Deux bulles papales, Aeterni regis (1491) et Inter caetera (1493), divisent le monde maritime en deux, en faveur de l'Espagne et du Portugal.

Les autres nations ont interdiction de naviguer à plus de 100 lieues des Açores !

La France cherche à tout prix à changer la donne. Agacé, le roi du Portugal achète Chabot pour qu'il fasse interdire toute navigation française hors d'Europe !

8 - La mort de l'amiral

Anne de Pisseleu, alors maîtresse de François Ier, insiste pour que le procès de Philippe soit révisé : il rentre en grâce, en 1542.

Le pauvre ! Il n'avait plus qu'un an à vivre...

En 1543, l'amiral meurt « d’une maladie de langueur contractée par le chagrin que lui avait causé son procès ».

Le roi fait enterrer son ami dans le couvent des Célestins à Paris, avec un tombeau surmonté d’un gisant en marbre : gisant aujourd’hui exposé au Louvre !

Conclusion

L'anecdote qui conclut l'histoire de notre amiral ?

Juste avant de mourir, épuisé et peiné, Philippe avait échangé son château d'Apremont avec Jean de Brosse.

Qui pour les beaux yeux de sa moitié, se ruinait en fêtes démentielles... Elle s'appelle Anne de Pisseleu, la maîtresse de François Ier !

La dame qui avait permis à Chabot de rentrer en grâce après son procès, aussi...


Et encore !