6 anecdotes sur François de Salignac de la Mothe-Fénelon !

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Fénelon - ©Public domain Fénelon - ©Public domain
Château de Fénelon Château

Fénelon ! Ou plutôt François de Salignac de la Mothe-Fénelon.

Mais qui se cache derrière ce nom... et derrière ce château, dans laquelle le célèbre homme d'Eglise et écrivain naît un jour d’été 1651 ?

1 - Fénelon naît au château... dans une famille ruinée

L’histoire commence dans une des chambres du château, par un chaud matin d’août 1651.

La seconde épouse du seigneur Pons de Salignac, Louise de La Cropte-Chanterac, vient de donner naissance à un fils : François.

Pour fêter l'évènement, Pons fait planter un cèdre du Liban, dans le parc : on le voit encore aujourd’hui !

Le petit passe son enfance sur ces terres qu’il adore. Terres que sa famille, les Salignac de la Mothe-Fénelon, possède depuis le XVIe s.

Une famille noble du Périgord, trèèès ancienne. Mais sans un kopeck en poche !

Le paternel de Pons ne lui a légué que des dettes et un château en mauvais état. Sans compter qu'il doit subvenir aux besoins de ses 9 enfants, nés de sa première épouse !

2 - Sa santé fragile prédestine sa carrière !

Le petit François, lui, pour le moment, court à perdre haleine dans les hautes herbes du parc et rigole comme un petit fou, sous le soleil périgourdin.

L’insouciance... il ne sait pas qu’un jour, il sera écrivain et archevêque de Cambrai !

Entre deux balades, un tuteur vient lui donner des leçons de grec. Mais François est un peu faiblard. Tout chétif.

Tout bébé, déjà, il est à deux doigts de mourir. Ses parents filent en pèlerinage prier Marie, à Rocamadour... François guérit subitement.

A-t-il gardé une dette envers la Vierge ? Qui sait !

Mais de toute façon, quand un fils de nobles ne pouvait pas devenir militaire à cause de problèmes de santé, ou qu'il n’était pas l’aîné de la fratrie… on le faisait entrer dans une carrière religieuse.

Le cas de François !

Zou ! Il entre au séminaire à Paris, pour se faire ordonner prêtre en 1667.

3 - Il entre dans la sphère intime du roi

Le titre d’archevêque de Cambrai, Fénelon le reçoit en 1695. Merci qui ? Louis XIV, et surtout Mme de Maintenon, qui l’aime beaucoup...

Tiens, en parlant de famille royale : Fénelon devient aussi précepteur du duc de Bourgogne, en 1689.

Le duc de quoi ?? Le petit-fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche, lui-même futur papa du roi Louis XV !

4 - On le surnomme le Cygne de Cambrai

C’est pour ses qualités de douceur et de tolérance qu’on le surnomme le Cygne de Cambrai… Cambrai, rapport à son archevêché.

Saint-Simon (chroniqueur du gratin du XVIIe s) dit de Fénelon :

« Plus coquet que toutes les femmes, mais en solide, et non à misères, sa passion était de plaire, et il avait autant de soin de captiver les valets que les maîtres, et les plus petites gens que les personnages.

Il avait pour cela des talents faits exprès : une douceur, une insinuation, des grâces naturelles et qui coulaient de source, un esprit facile, ingénieux, fleuri, agréable, dont il tenait, pour ainsi dire, le robinet pour en verser la qualité et la quantité exactement convenable à chaque chose et à chaque personne. »

5 - Fénelon et la querelle du quiétisme

Un choc violent, cette querelle du quiétisme !

En gros, cette pensée religieuse venue d’Espagne dit qu’on peut directement s’adresser à Dieu sans passer par les intermédiaires, saints, curés, évêques ou papes !

Une croyance dépouillée de confessions, de prières, de peur de l’enfer : plus facile pour accéder à l’extase, à la communication avec Dieu... en toute quiétude (d'où le nom, voui).

Fénelon adopte vite le quiétisme, en 1694, adapté en France par une certaine Mme Guyon.

L’évêque de Meaux, Bossuet, s’y oppose violemment. Le Cygne de Cambrai contre l'Aigle de Meaux, comme on surnomme Bossuet... la lutte est féroce !

6 - Il s’attire définitivement les foudres de Louis XIV

Déjà ébranlé par la querelle du quiétisme (voir point précédent n°5), Fénelon rédige et publie Les Aventures de Télémaque, un pastiche de l’épopée d’Homère.

Manque de bol, le roi Soleil y voit une critique déguisée de son rôle de souverain et de son règne. Ouuuh, il l’a mauvaise, Loulou...

Ni une ni deux, il exile Fénelon à Cambrai, dans son archevêché : François y passe bien des années, avant d'y mourir le 7 janvier 1715, à l'âge de 63 ans.

Quelques mois avant Louis XIV !


Et encore !