4 anecdotes sur les carrières d'ocre de Roussillon

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La carrière - ©Landreau Patrick / CC-BY-SA La carrière - ©Landreau Patrick / CC-BY-SA
Cité médiévale de Roussillon et ses carrières d'ocre Cité médiévale

Un petit chemin qui serpente à travers les anciennes carrières d'ocre... Un ciel bleu azur, du rouge-orangé délavé, du vermillon, le vert émeraude des arbres…

Allez, partons à la découverte des secrets des ocres de Roussillon !

1 - L'ocre, sédiments marins et grains de fer

On trouve la toute première mention de la ville de Roussillon et de son château en 987. Mais c'est pourtant bien avant que se forme le fameux pigment...

Oui, bien avant, puisque l'ocre se compose de sédiments marins déposés entre 200 et 100 millions d'années !

A cette époque, c’est le Crétacé, et en Provence, la mer recouvre tout le pays.

Quand la mer se retire, on se retrouve avec un gros mélange d'argile, de sable et d'oxyde de fer, dont les couches que l'on trouve à Roussillon culminent à certains endroits à 15 m d'épaisseur !

Vous avez bien entendu : l’ocre se compose de grains de fer. A peu près 10 %.

Et c’est ce fer, qui avec l’action de l’oxygène contenu dans l’air et de l’eau, rouille et donne la couleur rouge à la roche !

2 - Astier et l'ocre de Roussillon

L’ocre commence à titiller l'interêt du Roussillonnais Jean-Etienne Astier, à l'époque de la Révolution française : pourquoi ne pas la commercialiser en poudre, qui possède de nombreuses qualités ?

On connaît l’ocre depuis l’Antiquité pour ses jolies teintes : on peut obtenir d'infinis camaïeus de rouge orangé, mais aussi du blanc, du violet, du rose !

En plus, elle n’est pas toxique : on peut l'utiliser en cosmétique et dans les beaux-arts.

Astier, lui, obtient l’ocre en lavant le sable aggloméré et en le faisant décanter dans des bassins chauffés au soleil.

3 - Des chiffres !

Entre 1920 et 1950, on exploite intensivement le minerai qui se fait immédiatement exporter.

Mais la production retombe après la Première Guerre Mondiale.

Pour comparaison, 165 personnes travaillent dans les carrières en 1885, contre 14 en 1951 !

Le site des ocres de Rustrel a été le dernier en activité de la région, puisque le dernier ocrier a pris sa retraite en 1992...

4 - La légende des ocres

Connaissez-vous la légende qui aurait donné naissance aux belles ocres de Roussillon ? Tragique, mais édifiante !

5 - Le Colorado en Provence

Roussillon et ses carrières d’ocres de Rustrel et Gargas ont gagné le surnom de Colorado provençal.

Comme son cousin de l’ouest américain, avec comme capitale Denver, ses paysages de montagnes et de plaines de grès rouge recouvrent tout.

Le nom Colorado vient de l’espagnol, il signifie... « de couleur rouge » !


Et encore !