4 anecdotes sur le traité de Picquigny

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Le château - ©Paul Hermans / CC-BY-SA Le château - ©Paul Hermans / CC-BY-SA
Château de Picquigny Château

Saviez-vous que Louis XI et Edouard IV d'Angleterre signent le traité de Picquigny, tout près du château du même nom, le 29 août 1475 ?

En quoi consiste-t-il ? A mettre fin à la terrible guerre de Cent Ans !

1 - Louis XI achète la paix avec l'Anglais

Les Anglais... débarquent

L'histoire se passe après la bataille de Castillon, en juillet 1453 : victoire des Français, cocorico !

Sur quoi la guerre de Cent Ans se met en hibernation. Une paix relative, Anglais et Français s’occupant de leurs petites affaires.

Maais... Quand Edouard IV d'Angleterre envisage un débarquement à Calais, en juillet 1475, pour tenter la reconquête des anciennes terres des Plantagenets...

Ne serait-ce pas le début d'une nouvelle étincelle après l'accalmie ?

De l'argent comme s'il en pleuvait !

Du coup, hop hop, Louis IX se dépêche d'acheter le rembarquement des armées anglaises à prix d’or…

Contre la somme colossale de 75 000 écus d’or et une pension annuelle de 50 000 écus, Edouard IV accepte de rentrer en Angleterre avec son armée.

Et voilà. En faisant couler l'or à flot, Louis XI met fin à une guerre meurtrière. Voui, on est d'accord, de façon pas très glorieuse, mais rudement efficace !

2 - Le traité de Picquigny a été signé sur une île

En fait, l’entrevue des deux rois ne se déroule pas à proprement parler au château de Picquigny, mais à quelques pas de là, sur le pont qui mène à l’île dite de la Trêve, sur le fleuve Somme.

3 - Les deux rois se rencontrent... dans une cage

On a construit une « cage », sur le lieu de la rencontre (sur l'île de la Trêve, entre les deux rives de la Somme). Histoire d'éviter tout incident... un meurtre, par exemple !

Le chroniqueur Commines décrit : « Au milieu de ce pont fort solide fut aménagé un treillis de bois comme on en fait pour les cages de lions. »

Le jour J, le roi de France débarque le premier avec 800 hommes d’armes. Le roi anglais ne tarde pas à le suivre.

Imaginez la rencontre ! D’un côté, le roi français, un brin grognon et hypocondriaque, de l’autre l’Anglais, que la chronique dit « soldat adonné au vin et aux femmes » (ça promet).

Les deux s’embrassent, tant bien que mal, à travers les trous de la cage, et l’entretien a lieu en français.

On apporte un missel et une relique de la croix : les deux rois, une main sur le missel, l’autre sur la croix, jurent de respecter le traité.

4 - Un énorme banquet vaut mieux qu'une guerre !

Les deux armées finissent la journée avec un bon gros banquet des familles, organisé dans la campagne voisine du château de Picquigny.

Grande bouffe, vin à foison, pâtés bien dorés… des floppées de protituées, même, nous disent les historiens anglais !

Le chroniqueur Commines décrit le festin :

« Des tables chargées de viandes de toutes sortes, et les vins les meilleurs que l’on put adviser et des gens pour en servir. D’eau n’était point de nouvelle.

A chacune de ces tables avait fait asseoir cinq ou six hommes de bonne maison, fort gros et fort gras, pour mieux plaire à ceux qui avaient envie de boire. »

« J'ai chassé les Anglais avec du vin et du pâté », rigole Louis XI après coup, qui n'a pas eu besoin de faire la guerre, ce coup-ci !

Conclusion ?

Alors, ce traité ? Une trêve définitive à cette guerre interminable et sanglante qu'a été la guerre de Cent Ans ? Pas sûr !

Jusqu’au bout, malgré le traité, ils n’ont jamais renoncé : les Anglais avaient juré de rentrer définitivement chez eux. Pourtant, en France, ils conservent Calais jusqu’en 1558 !


Et encore !