3 anecdotes sur la naissance du p’tit Louis XIII à Fontainebleau

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Portrait de Louis XIII à 3 ans, « au naturel » - ©Austrian National Library (ÖNB) / Public domain Portrait de Louis XIII à 3 ans, « au naturel » - ©Austrian National Library (ÖNB) / Public domain
Château de Fontainebleau Château Louis XIII Marie de Médicis

Un signe astrologique qui fait la différence, une sacrée sage-femme, et une histoire de coliques et de vin qui réchauffe... tout ça, c'est la naissance de Louis XIII à Fontainebleau, le 27 septembre 1601 !

1 – D’où vient le surnom de Juste de Louis XIII ?

Tallémant des Réaux (le chroniqueur des potins de l’époque) dit que le cardinal de Richelieu appelle très vite Louis le Juste, par peur qu’on le surnomme le Bègue (à cause de sa timidité maladive qui le faisait buter sur les mots)... c’est faux !

Le surnom de Juste vient que Louis est né fin septembre ! Le rapport ? Les fans d’astrologie le savent... il est né sous le signe de la Balance ! La balance, symbole de la justice... Un surnom qui lui a été donné dès le début de son règne.

2 – Qui est Louise Bourgeois, la sage-femme qui accouche Marie de Médicis

Apprendre un métier pour survivre

Les détails de la naissance de Louis sont rapportés dans Récit véritable de la naissance des enfants de France (1625). Un bouquin écrit par la dame qui accouche la maman, Marie de Médicis : Louise Bourgeois, dite La Boursier.

L’inventrice de l’obstétrique moderne !

Son nom de famille vient de son mari Martin Boursier (chirurgien-barbier à l’armée du roi), qu’elle épouse en décembre 1584 à 21 ans.

Mais c’est pendant le chaos des guerres de Religion que Louise trouve sa voie, en rencontrant la sage-femme qui l’aide à accoucher. Une révélation ! Les affaires de son mari ne vont pas fort, elle a peur pour ses enfants. Peur qu’ils connaissent la misère...

Et si... et si elle devenait sage-femme ?

Le choix de la sage femme pour la reine

Reçue sage-femme en novembre 1598, Louise devient la première de sa profession à écrire un livre d’obstétrique, en 1609 : Observations diverses sur la stérilité, perte de fruits, fécondité, accouchements et maladies des femmes et enfants nouveau-nés.

Jusqu’à ce que sa renommée tombe dans l’esgourde royale de Marie de Médicis, qui ne va pas tarder à accoucher. Henri IV (le futur papa) avait voulu lui refiler la sage-femme d’une ex-maîtresse, Gabrielle d’Estrées. Marie refuse. Elle choisit Louise Bourgeois...

Une carrière brisée

Après le succès de l’accouchement du p’tit Louis XIII, Louise aide Marie de Médicis pour les naissances de ses autres enfants.

Mais un drame bouleverse la vie de Louise Bourgeois.

En 1627, Marie de Bourbon-Montpensier, 21 ans, meurt des suites de l’accouchement de sa fille, la future Grande Mademoiselle, la cousine germaine de Louis XIV.

L’accident est en fait dû à une péritonite puerpérale. Mais on met cette mort sur le compte d’une erreur de Louise. Un malheur qui met fin à sa carrière à la Cour... définitivement.

3 – Jour J ! Accouchement, coliques et lampée de vin

27 septembre 1601. Il n’est pas tout à fait minuit. Et la reine en bave depuis la veille. Des heures à crever de douleurs (23 heures !) sur la « chaise d’accouchement » : voui, les femmes du monde accouchent assises...

... et en public. Pas moins d’une dizaine de personnes la colle comme des mouches sur un pot de miel : la sage-femme, mais aussi Héroard (le futur toubib de Louis), plus des princes de sang.

Et le roi (Henri IV) se demande. Fille ou garçon ? Un gars ! C’est un garçon. Un héritier !

Des coliques... qui s'éternisent

La scène se passe dans la Chambre Ovale, où se trouve un « grand lit de velours cramoisi accommodé d’or. » A côté, le « lit de travail ». Le roi appelle Louise le 26, à 1 heure du mat’. La reine a mal, on ne sait pas si c’est le travail qui commence.

Non, la reine... a des coliques.

Qui lui font un mal de chien. Ca dure « 22 heures un quart ». Et ça y est. Les coliques finissent. L’accouchement peut se faire.

Louise voit que la reine s’empêche de hurler et lui dit de le faire, de peur qu’elle se fasse péter la gorge.

Ouuiiinnn !!! On y est.

Du vin pour le petiot !

Louise prend le nouveau-né : « Je mis Monseigneur le Dauphin dans des langes, dans mon giron. » Elle demande du vin et en donne au bébé qui n’a pas l’air super vaillant. Elle veut le faire avec une cuillère.

Elle dit à Henri : « - Sire, si c’était un autre enfant, je mettrais du vin dans ma bouche et je lui en donnerais, de peur que la faiblesse ne dure trop. »

Henri répond : « - Faites comme avec un autre. »

Louise dit : « J’emplis ma bouche de vin et lui en soufflait. A l’heure même, il revint et savoura le vin que je lui avais donné. »

Mais elle n’a toujours pas dit de quel sexe est le petit ! C’est un gars : Henri jubile. A cette nouvelle, « des larmes lui coulaient sur la face aussi grosses que de gros pois. »

Sur quoi le petit se fait frotter au vin et envelopper dans des langes. Et voilà. La grosse Médicis avait accompli ce pourquoi elle était devenue reine : pondre un héritier, 9 mois après son accession au trône...

Hé, au fait ! Vous savez quel est le seul roi de France à être né et mort à Fontainebleau ?


Et encore !